David Olère
Partie IV : Le quotidien des SK
[Toutes les illustrations de ces pages sont publiées avec l’accord de son fils Alexandre Oler et toute reproduction en est interdite sans son autorisation. J'en profite pour le remercier "officiellement" pour sa disponibilité, sa confiance et son aide constantes.]
Après
que le SS responsable ait ordonné l’ouverture des portes et la mise en
fonctionnement de l’aération, les membres des Sonderkommandos devaient alors
sortir les corps. Ils sont nombreux à témoigner que pour eux cela reste
définitivement le choc le plus violent, cette vision d’horreur, ce concret des
corps enchevêtrés formant bloc .
Doivent alors intervenir les membres des SK
dits « coiffeurs » et « dentistes ». Sur ce dessin sont représentés
les deux : au premier plan celui qui coupe les cheveux des femmes avec ces
sortes de ciseaux qu’on appelait des forces et, plus loin, celui qui doit
extraire des bouches les dents en or (toujours sous la surveillance d’un SS
dont la botte et le bas du manteau sur la droite suffisent à en indiquer la
massive présence).
On
notera la présence d’une forme grillagée à l’arrière-plan du dessin. Il s’agit
d’un élément essentiel dont bien peu ont pu témoigner : il s’agissait des
colonnes en double grillage fin des K II et K III qui descendaient du plafond
de la pièce servant de chambre à gaz (au sous-sol) et communiquaient avec les trappes
pratiquées dans ce plafond par lesquelles des SS, de l’extérieur et au niveau
du sol, versaient les cristaux de Zyklon B. (A propos
de ces colonnes, voir aussi la page sur le K II). Saul Chazan les décrit comme des tubes en grillage avec un maillage de métal perforé et
un espace au sol pour le nettoyage.
Léon
Cohen, Juif Grec qui parlait Français et Allemand, fut affecté au K III en
décembre 43 en tant que « dentiste ». Il explique qu’à cette époque
les « coiffeurs » intervenaient dès que les corps avaient été sortis
de la chambre à gaz. Quant à l’intervention des dentistes, donc en ce qui le
concernait, durant 12 heures (les SK travaillaient en deux équipes, l’une de
jour, l’autre de nuit) muni de deux pinces ayant réellement appartenu à un
dentiste, il devait intervenir près de la salle des fours, après que les corps
aient été amenés par le monte-charge électrique et juste avant leur crémation.
Cet or dentaire était déposé par une fente dans une caisse de bois fermée.
Dans
le présent dessin, David Olère regroupe les deux actions dans le même lieu.
Plusieurs explications possibles à cela. Il peut s'agir d'une logique explicative : il est plus simple d’exprimer ainsi comment les
corps des victimes n’étaient considérés que comme des objets à exploiter pour
le Reich. Il peut s'agir plus vraisemblablement du fait que c’est de cela qu’il a été témoin. En effet,
selon les époques (et éventuellement selon la fréquence des groupes qui
arrivaient), les processus pouvaient varier. Enfin, on peut penser aussi que, n’ayant
été ni « coiffeur » ni « dentiste », il ne connaissait pas
tous les détails de leurs conditions de travail. On signalera d’ailleurs à ce
propos que, comme David Olère n’avait pas d’affectation fixe au Sonderkommando du fait de son statut d'artiste (nous en reparlerons dans la cinquième partie), c’est aussi ce
qui nous permet aujourd’hui d’avoir ces dessins de tous les lieux des
crématoires parce qu’il lui arrivait d’être envoyé ici ou là, dans les
différentes parties des différents crématoires, selon les besoins en main
d’œuvre.
Les caisses que nous venons d’évoquer, dans
lesquelles les dentistes devaient déposer les dents en or et autres
bijoux trouvés sur les victimes, sont ici visibles. David Olère nous
emmène avec ce dessin dans le local situé à l’angle du K III où travaillaient les
fondeurs d’or dentaire. A la création de ce sous-commando du SK officiaient comme fondeurs Franz
(ou Francisek ) Feldmann (Slovaque de Trenčianske Teplice -Trentschin Teplitz en Allemand) et Paul Katz (de Paris) qui, en
effet, étaient dentistes de profession. Ils étaient précédemment affectés au centre
dentaire d’Auschwitz 1. Il me semble donc hautement vraisemblable que les noms
indiqués par David Olère sur le dessin concernent
bien ces deux mêmes hommes, et que Francisek Feldmann ait été surnommé « Tchèque » parce
qu’originaire de Tchécoslovaquie ou bien du fait de son prénom.
Quoiqu’il
en soit, leur rôle dans ce local (sur la porte duquel un écriteau interdisait
l’entrée à quiconque) était le nettoyage des dents arrachées et la fonte de
l’or dans divers moules. D’après les témoignages, trois types de moules étaient
utilisés : les uns permettant de former des plaques de 500 g et d’un kilo,
et les autres des « disques » de 140 g. Ces derniers sont précisément
visibles sur le devant de la table. A intervalles
réguliers, cet or était livré à la Reichsbank (nombreuses traces dans les services d’Archives).
Ces deux prisonniers fondeurs d’or (ainsi que le Dr Pach, médecin du SK) ont été assassinés lors de la dernière sélection au Sonderkommando, à la fin du mois de novembre 44, alors que le K IV est détruit et les K II et III sont en cours de démantelement. Il leur sera dit (témoignage Filip Müller) qu’on les transférait à Groß Rosen…
Je
propose ici un dessin particulier, qu’il conviendra de comparer avec le
suivant. Afin de regrouper les deux principaux aspects du travail imposé aux
SK, David Olère a choisi ici de représenter à la fois un "Schlepper" (qui sort les corps d’une chambre à gaz)
et un "Heizer" (devant les fours). La
réalité était plus complexe et comportait des étapes intermédiaires. Les
négationnistes se sont emparés de ce dessin et, voulant ignorer le raccourci et
la superposition, ont choisi de voir là une preuve du fait que David Olère
serait un "faux témoin" comme ils disent. Outre l’aspect
contre-productif par rapport à leurs thèses puisqu’ils se posent comme sachant
exactement comment les choses se passaient, donc connaissant très bien la
réalité de ce qu’ils prétendent n’avoir pas existé ; ils se fondent
néanmoins en effet sur une vérité : dans aucun des crématoires de Birkenau
les deux pièces n’étaient ainsi contigües. C’est ce qui peut sans doute attirer
certains jeunes crédules vers eux : les négationnistes se fondent toujours
sur des faits réels, qu’ils connaissent bien en effet, et y mêlent une totale
mauvaise foi puisque, sous couvert de recherche de vérité, ils tentent d’amener
autrui vers ce qu’ils savent être mensonge. Ils utilisent toujours ce dessin
par exemple, pas le plan en coupe du K III que nous avons vu précédemment (partie 3).
Ce dessin fait donc coexister la chambre
à gaz qui, au K III auquel était rattaché David Olère, était en
sous-sol (comme au K II), et l’angle du groupe de fours (sur la gauche du dessin) qui était une
pièce au niveau du sol (cf le plan en coupe du K
III). Il s’agit en
somme de l’équivalent d’une ellipse en littérature : la volonté de
l’artiste est de faire comprendre l’essentiel du processus à qui le découvre,
sans en donner tous les détails. Il faut aussi se resituer à l’époque à
laquelle ont été faits ces dessins, c'est-à-dire au retour de David
Olère : le citoyen français ordinaire ne savait alors rien de
l’extermination à Auschwitz-Birkenau et a fortiori de ce qu’il en était du
quotidien à l’intérieur des crématoires.
Ce dessin de 1945, en revanche, donne
quantité de précisions "documentaires" : on y voit le
monte-charge qui permettait d’amener une dizaine de corps à la fois depuis le
sous-sol où était donc la chambre à gaz, mais aussi les brancards, la glissière
pour les corps (sur la droite), les sortes de tisonniers particuliers, …
Ce
dessin de la salle des fours est donc beaucoup plus détaillé, beaucoup plus
informatif. Néanmoins, il ne peut pas non plus être exhaustif, une trop grande
foison d’éléments nuirait à la lecture du dessin, alors l’artiste a
vraisemblablement choisi de représenter les éléments qui lui semblaient
essentiels à la compréhension, mais aussi à l’information.
Outre
les éléments déjà évoqués, on remarquera chaque groupe de four trimoufle, l’agencement de la salle avec les fenêtres qui
font face aux fours, les piliers porteurs rejoignant la charpente pour ce qui
est de la construction au sens strict. Un regard plus attentif se portera sur
les réceptacles (au sol, devant chaque moufle) destinés aux parties d’os qui
n’étaient pas parvenues à brûler (nous verrons, à l’occasion du commentaire sur
un autre dessin, quel sera leur devenir). On remarquera également, sur la porte
du réceptacle des cendres (moufle du four du premier plan) que David Olère
indique que le nom de la firme Topf les ayant
fabriqués y figurait (ce que, bien évidemment, personne d’autre qu’un témoin
direct n’aurait pu mentionner dans un dessin réalisé en 1945). On constatera
également la présence d’évacuations de fumées devant chaque four. En revanche,
il choisit de ne pas faire figurer les rails devant les fours, par exemple,
parce que l’information ne lui parait pas
fondamentale. Pour autant, ce qui est dessiné est très précis.
Il suffit, pour s'en convaincre, de se
reporter à cette photo, prise par un SS en 1943, peu avant l’entrée en
fonctionnement du crématoire et retrouvée plus tard (aujourd’hui aux Archives
d’Auschwitz). Etant prise au K II (bâtiment identique
mais inversé, construit en miroir) cela implique et explique qu’au fond de la
pièce on ne voie pas le monte-charge comme au K III (dessin de D. Olère ci-dessus) mais
l’entrée d’un couloir (qui menait notamment vers la pièce où se trouvait la
réserve de coke et vers la pièce de surveillance des SS –voir dessin
ci-dessous).
Bien entendu, durant leur travail, dans la
salle des fours comme ailleurs, les membres du Sonderkommando sont surveillés.
On voit ici les SS dans une petite pièce prévue à cet effet et qui leur est
réservée. Il s’agit vraisemblablement de P. Voss (de trois quart dos), et à coup sûr de J. Gorges (au centre). De cette pièce, au K III, en
effet, les fours sont sur la gauche, comme l’indique le détenu du SK esquissé
en arrière-plan.
David
Olère évoque ici l’extermination des déportés d’un "transport"
venant de France : les SS boivent du Bordeaux et du Châteauneuf
du Pape, fument des Gauloises et manipulent des montres à gousset, tous
objets qu’ils ont récupérés parmi les biens des victimes.
Bien
entendu, plus les SS étaient gradés, plus ils étaient libres de leurs actes,
donc libres de piller les biens volés aux Juifs. On citera pour mémoire le
Journal du médecin Obersturmführer Kremer dans lequel
il raconte notamment les contenus des paquets qu’il envoie régulièrement à sa
famille ; ou encore les quantités considérables de nourriture que Mme
Höss, femme du commandant, faisait livrer chez elle depuis les cuisines du
camp.
Les SS ne sont pas les seuls à se servir dans
les biens des victimes restés dans la salle de déshabillage du crématoire. Ce
sont en effet les membres des SK qui doivent vider cette pièce de son contenu, essentiellement des vêtements,
avant l’arrivée du groupe suivant. Tout est sensé partir vers les baraques qui
servent d’entrepôts, surnommées le "Kanada" (elles sont très
proches, voir la carte ici) et, après un tri minutieux dans ces entrepôts, vers
l’Allemagne.
En
réalité, beaucoup de choses disparaissent à tous les niveaux. En ce qui
concerne les SK, les SS tolèrent globalement qu’ils prennent la nourriture
qu’ils sont susceptibles de trouver (sans laquelle ils n’ont que les 1.000
calories quotidiennes de la cuisine du camp). Selon le lieu d'origine des victimes, il pouvait évidemment ne rien y avoir sinon de tristes hardes, en particulier lorsqu'il s'agissait de Juifs arrivant d'un ghetto. Dans tous les cas, l'essentiel des biens, valises ou paquets, emportés par les déportés devaient être laissés sur la "Rampe" (le quai d'arrivée) où des équipes du Kanada venaient les ramasser pour les emporter aux entrepôts où il les trieraient. En revanche, pouvaient être conservés ce qu'on appelerait aujourd'hui des "bagages à main". Les membres du SK chargés de vider la salle de déshabillage pouvaient donc y trouver diverses choses. Les SS ont particulièrement toléré que les membres des SK gardent par devers eux la nourriture à partir du moment où les SK ont été installés
au-dessus des crématoires et non plus dans les Blocks fermés du camp, en 44 (cf témoignage J. Sackar). Dans tous les cas, il est hautement vraisemblable que les SS préfèraient avoir des Häftlinge en état physique
convenable au SK, pour mener à bien le travail de force qui leur était assigné et
ne pas avoir à les renouveler pour cause de mortalité considérable comme dans
le reste du camp, mais seulement quand ils le décidaient.
La
plupart des membres du SK tenteront de subtiliser également divers autres
biens que de la nourriture, à leurs risques et périls. Lorsqu’ils étaient surpris, la punition était le plus
souvent très cruelle. Ont ainsi été rapportés par
divers survivants des meurtres après torture devant les compagnons membres du
SK du même crématoire, notamment dus au SS Moll de sinistre mémoire.
Les
bijoux et autres objets de grande valeur sont bien entendu échangeables au marché noir du camp. Ce troc, toujours à valeur très inégale, permet
de se procurer (par le biais des ouvriers Polonais venant travailler dans le
camp ou en achetant le silence des SS) tout ce que l’on peut souhaiter :
par exemple de l’alcool, des cigarettes ou un passe-droit pour aller dans telle
ou telle partie du camp. Beaucoup de ces biens de valeur partent également directement vers l’extérieur pour
"financer" les projets du groupe de résistance à l’intérieur et à
l’extérieur du camp.
Mais de nombreux témoignages (notamment de prisonnières
survivantes qui travaillaient comme infirmières ou médecins, donc à
proximité des K) évoquent les paquets envoyés par des membres des SK, contenant
de la nourriture et des médicaments (les vêtements transitaient davantage
directement depuis le Kanada).
Les
SK (avec leur croix rouge à la peinture dans le dos), comme les femmes (à la
porte de la baraque) surveillent, craignant l’arrivée d’un SS. Shlomo Dragon,
Josef Sackar, Eliezer Eisenshmidt,
sont parmi les survivants du SK à évoquer ces vêtements marqués à la peinture qu’ils portaient (ils
étaient autorisés à se vêtir de façon "ordinaire" mais alors une
bande rouge était peinte de chaque côté sur les pantalons et une croix dans le
dos).
Le
titre donné à ce dessin et inscrit par David Olère est éloquent : "pour les filles, des vivres afin de ne pas les voir aux
crématoires".
Ce dessin de 1945 (repris par la
suite dans une huile) intitulé "Les coiffeurs à Birkenau dans le
crématoire au grenier" montre le démêlage des cheveux (dans d’autres
camps d’extermination la procédure pouvait être différente, et les
"coiffeurs" devaient alors couper les cheveux des femmes avant leur
entrée dans les chambres à gaz).
Filip Müller, survivant du SK, donne quelques
détails supplémentaires en expliquant avoir vu au K III en été 43 une pièce
dans laquelle les chevelures étaient étalées, nettoyées puis séchées et cardées
avant d’être emballées dans des sacs en papier. Plusieurs tonnes de cheveux,
ainsi stockés dans des sacs, ont d’ailleurs été trouvées par l’Armée Rouge à la
libération du camp.
Au K V, David Olère a également vu le sous-commando des écraseurs d’os (Knochenstampfer)
et vient ici en témoigner. Des membres d’un Sonderkommando (essentiellement des Juifs Grecs en 44) devaient pilonner
les résidus osseux reconnaissables comme étant des os humains que la crémation
n’avait pas réduits en cendres. Saul Chazan explique
qu’au départ, ces os résiduels étaient regroupés tous les deux ou trois jours
et mis dans un entrepôt où il fallait les briser jusqu’à ce qu’ils ne soient
pas plus gros que des graviers. Par la suite il explique que les modalités ont
évolué et qu’il y a eu des dames (pilons) de bois pour ce travail.
Une nouvelle
modification a lieu au printemps 44, du fait de l’afflux de victimes en
provenance de Hongrie, lorsque le SS Moll est devenu le responsable des
crématoires. A ce propos, Filip Müller écrit notamment "le commando d’incinération comportait environ 35
hommes. Quelques-uns enlevaient les cendres à la pelle […] d’autres pilonnaient les restes et les pulvérisaient […] sur la
plate-forme rectangulaire que Moll avait fait bétonner à cet effet […]
d’autres jetaient infatigablement la cendre avec leur pelle sur les tamis
métalliques. La matière qui ne passait pas à travers les mailles était de
nouveau pilonnée." Henryk Mandelbaum, qui était lui aussi rattaché au K V, atteste
également de ce mode de fonctionnement dans une déposition faite auprès des
Archives d’Auschwitz où l’un de ces tamis, retrouvé, a été conservé.
Shlomo
Dragon, dans un entretien, évoque aussi ce type d’installation près du K
IV : un espace cimenté de 10 m² pour les résidus non brûlés à pulvériser
avec des pilons de bois.
On
remarque aussi sur ce dessin, outre l'incontournable SS de surveillance, deux détenus emportant des cendres jugées suffisamment fines. Elles
seront à une première époque enterrées dans des fosses
à proximité des crématoires (pour la plupart vidées par la suite), et plus tard stockées
puis emportées par camion jusqu’à la rivière pour y être déversées.
A proximité du K V les SS firent creuser des fosses de
crémation parce que les victimes étaient si nombreuses que les fours ne
pouvaient suffire pour faire disparaître les corps.
Pour
ce dessin, David Olère se tient tout à fait à l’extrémité du camp de Birkenau,
à l’angle NO. On voit ainsi le K V en perspective. Il représente une scène qui,
au vu des témoignages, n’était pas rare. Ce SS muni d'un pistolet dont il ne
se départissait jamais, est O. Moll, décrit par tous
les survivants comme un monstre pervers aimant à terroriser et voir souffrir (ce dont ils donnent hélas aisément de nombreux
exemples). David Olère n’est donc pas le seul à avoir été témoin d’une scène
telle que celle-ci. On pourra par exemple se reporter à Filip Müller, une fois encore, dont le témoignage complète et explique le présent
dessin : "Moll avait sans aucun doute un penchant maladif à
pratiquer des tortures perverses dont il semblait se délecter. L’une d’elles
consistait à se montrer au crématoire […] dans la
salle de déshabillage […] à la recherche de quelques jeunes femmes nues qu’il
poussait dans l’arrière-cour du crématoire jusqu’à une fosse d’incinération.
Lorsque les malheureuses voyaient le spectacle, elles étaient frappées
d’horreur au point de ne plus savoir ce qui leur arrivait. Eperdues, comme
enracinées au sol, elles détournaient instinctivement leur regard de cette
abominable vision. Moll, qui observait attentivement leur réaction, semblait
jouir intensément de leur angoisse et de leur terreur, puis il les abattait
froidement d’un coup de feu par-derrière, les faisant basculer dans
l’innommable fosse en ébullition".
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