David Olère
Partie I : Eléments biographiques
Une
série de pages spécifiques consacrées à « l’artiste du
Sonderkommando ».
[Toutes
les illustrations de ces pages sont publiées avec l’accord de son fils Alexandre
Oler et toute reproduction en est interdite sans son autorisation. J'en profite pour le remercier "officiellement" pour sa disponibilité, sa confiance et son aide constantes.]

Sculpture de D.Olère
Autoportrait en taille directe dans le granit.
Avertissement
Il ne s’agira
pas ici d’une présentation détaillée de la vie et de l’œuvre de David Olère mais
uniquement des éléments qui présentent une portée informative historique. Il ne
s’agira donc pas de son parcours d’artiste -malgré l’intérêt que je porte à son
œuvre en tant que telle- mais uniquement de l’importante dimension documentaire
qu’elle propose. Il est d’ailleurs extraordinaire de constater que le travail
de David Olère est à la fois d’une grande valeur artistique et d’une grande
valeur informative grâce à son incroyable précision jusque dans les détails.
Il s’agit donc ici
de l’histoire de David Olère en tant qu’elle est un élément de l’Histoire, et
de son œuvre en tant qu’elle est -et qu’il a voulu qu’elle soit- témoignage.
[Si vous êtes
intéressé(e) par l’œuvre de l’artiste, le site officiel qui lui est dédié,
actuellement en construction, sera accessible en cliquant sur ce lien.]
ELEMENTS
BIOGRAPHIQUES
David Oler est Juif,
il est né le 19 janvier 1902 à Varsovie, en Pologne. Très vite, ses capacités
artistiques sont telles qu’elles sont remarquées (bien que ses parents ne
travaillent pas du tout dans ces domaines).
Il part pour
l’Académie des Beaux-arts de Danzig [Gdansk] avec une dispense eu égard à son
jeune âge, puis à Berlin à seize ans.
Il choisira
la France et s’installera à Paris dans les années 20.
Il fréquente alors
le Montparnasse des artistes et travaille dans l’industrie du film, notamment
pour la Paramount. On lui doit entre autres des affiches de cinéma (comme celle des Misérables avec Harry Baur, réalisée en 1933, qui figure ci-contre) et des
travaux de décorateur.
Il décide
d’orthographier définitivement son nom en "Olère" ce qui semble
pouvoir être interprété sans hésitation comme un choix profond et véritable
de la France –le nom étant la marque la plus symbolique de ce que l’on est- et de la langue française avec cette finale typique. En
30 il se marie avec une modiste parisienne, union dont naîtra un fils, Alexandre.
En 1937 il obtient
la nationalité française. La famille s’installe définitivement à Noisy-le-Grand
(ex Seine-et-Oise) et puis très vite la France entre en guerre. David est un
soldat français. Il est appelé au 134è régiment d’infanterie à Lons-le-Saunier. Cette photo le montre en uniforme, en 1939.
Il est
démobilisé en 40, après l'Armistice … et déchu de sa nationalité française du fait des lois
antijuives sévissant alors en France.
Il est arrêté
le 20 février 43 à son domicile par la police française.
En 1940 il y
avait environ 150.000 Juifs citoyens Français dont 30.000 naturalisés durant
les années 30, pour la plupart arrivant de l’Est de l’Europe. En juillet 40, le
Ministère de la Justice créait une commission de révision des naturalisations
accordées depuis 1927. Le retrait de la nationalité a été prononcé pour 15.000
personnes.
Par ailleurs la
promulgation de la loi sur le statut des Juifs du 03 octobre 40 excluait, parmi
d’autres mesures bien entendu, les Juifs des professions du cinéma. Très vite a
suivi l’obligation (en zone occupée) de se faire recenser (port de l’étoile
puis mention "Juif" sur la pièce d’identité).
Outre ses
compétences artistiques, David Olère parlait de nombreuses langues :
Yiddish avec ses parents, Polonais puisque Varsovien, Russe du fait de sa scolarité, Allemand suite à son
séjour à Berlin, Anglais et Français. De telles compétences linguistiques étaient
un atout important, voire essentiel pour accroître les chances de survie dans le
camp, nombreux sont les survivants qui en témoignent.
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