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98ème jour : 08 octobre 1964
[Ce texte est construit en reprenant et traduisant aussi fidèlement que je l'ai pu les déclarations
de Dov PAISIKOVIC en réponse aux questions du juge. La seule
modification apportée est celle des numérotations des crématoires : j’utilise les dénominations habituelles pour Birkenau de K II et III et K IV et V.
Une autre déclaration est habituellement connue et
se trouve facilement sur le net, il s'agit de la déposition faite le 17
octobre 1963 durant l'instruction (et non durant le procès et devant la
cour) que Léon POLIAKOV présentait dans son livre "Auschwitz" en 1964.]
Déposition :
Je suis arrivé à Auschwitz en mai 1944, en tant que Juif. J’étais
avec ma famille, huit enfants et les deux parents. Tous sont morts à
Auschwitz à l’exception de mon frère et moi. J’avais le n° A-3.076.
Nous arrivions du ghetto de Munkacs dans les Carpates par un transport
de 3.000 personnes. Nous sommes arrivés sur la rampe de Birkenau, au
milieu du camp. En ce qui concerne mon transport, je dirais que 40 %
des personnes n’ont pas été directement envoyées à la mort. Dans la
plupart des cas c’était beaucoup moins.
Je suis d’abord allé à
la section C du camp pendant 2 ou 3 jours puis on m’a mis au crématoire
pour y travailler. Il y avait là l’Hauptscharführer Moll et d’autres
SS. Nous avons été 250 à être sélectionnés pour le SK. Nous avons
d’abord habité au Block 13 du camp d puis au K II où je suis resté 8
jours. Ensuite j’étais au III jusqu’à sa démolition fin octobre ou
début novembre 44, il n’y avait plus de transports. Au K III j’habitais
les combles. Le chef de ce crématoire était l’Unterscharführer
Steinberg, Moll était celui de l’ensemble des crématoires. J’ai aussi
travaillé à ce qu’on appelait le Bunker V qui était plus loin, dans le
bois. C’était une ancienne ferme au toit de chaume. Des 250 qui ont été
sélectionnés pour le SK, 150 sont restés aux K IV et V, et 100 parmi
lesquels j’étais, au Bunker V. Lorsqu’on est arrivés, par devant, on
n’a rien vu. L’Hauptscharführer Moll est arrivé en motocyclette et a
dit : « ici vous aurez à bouffer mais il va falloir
travailler ». On est allés de l’autre côté et là on a vu une
Géhenne. Il y avait des fosses d’environ 30 mètres de long avec du bois
et des matières inflammables. (Le juge lui demande alors quelle est sa
langue maternelle, il répond : le Yiddish). Il nous a fallu
tirer les corps jusqu’aux fosses, d’autres les y jetaient afin qu’ils y
soient brûlés. Le soir nous sommes allés au Block 26 du camp d il me
semble, je n’en suis pas tout à fait sûr. Là on nous a tatoués puis
nous sommes revenus au Block 13 dans lequel nous sommes restés jusqu’à
notre retour au K II puis au K III. Lorsque j’ai fait ce travail, j’ai
vu beaucoup d’entre nous se jeter dans le feu, dans les fosses, de leur
propre gré. Aux K II puis III, lorsqu’il n’y avait pas de travail
particulier, j’étais Stubendienst, et sinon, lorsqu’il y avait beaucoup
de travail, j’ai occupé les différents postes : j’ai sorti les
corps de la chambre à gaz, je suis allé dans la salle de déshabillage
et je suis allé aussi auprès des fours, j’ai souvent sorti les cendres.
J’ai souvent été présent lorsque les transports arrivaient et étaient
conduits au vestiaire. C’étaient les SS-Posten qui les amenaient. Les
prisonniers attendaient qu’ils se soient déshabillés parce qu’ils
devaient ramasser et enlever les affaires. C’étaient les SS qui
disaient aux gens de se tenir tranquilles. Selon les époques, j’ai été
affecté à divers endroits. Au début j’étais surtout à la salle de
déshabillage et d’autres étaient affectés aux fours. À chacun n’était
attribuée qu’une seule fonction. Lorsqu’il s’agissait d’enlever les
vêtements, il fallait faire vite. Plus tard j’ai dû sortir les corps de
la chambre à gaz, il fallait les tirer jusqu’au monte-charge, la
chambre à gaz était en sous-sol.
Quand un gazage allait avoir lieu, une voiture avec une grosse croix
rouge sur chaque côté arrivait avec laquelle il y avait toujours un
médecin. Dans ce véhicule, il y avait le Zyklon B. Je ne sais plus les
noms des gens qui arrivaient avec ce véhicule, ni ceux des médecins. Il
y avait le Kapo Kaminski et l’Oberkapo Mietek. Environ 3.000 personnes
étaient mises dans la chambre à gaz, mais en plusieurs étapes parce que
la salle de déshabillage ne les aurait pas contenus tous. Les premiers
à être entrés dans la chambre à gaz attendaient. Ça pouvait durer 2 h,
jusqu’à ce que la chambre à gaz soit pleine. On disait aux gens qu’ils
allaient pouvoir se laver. La plupart du temps ils l’ont cru, mais
parfois ils savaient à quoi s’en tenir. Dans ce cas-là, lorsque les
gens refusaient d’entrer, ils y étaient envoyés par la force. C’était
fait de telle sorte qu’à l’intérieur, on pouvait continuer à croire
qu’il s’agissait de douches. Il ne restait pas de traces odorantes du
gazage précédent parce qu’il y avait des ventilateurs électriques sur
les murs, à l’extérieur, des extracteurs. Quand la chambre à gaz était
pleine, les SS fermaient et de l’extérieur était jeté le Zyklon par
deux ouvertures qu’ils recouvraient tout de suite par un couvercle de
béton. Le médecin donnait l’ordre d’ouvrir la chambre à gaz. La durée
du gazage dépendait du nombre de personnes qui étaient dans la chambre
à gaz. Moins ils étaient nombreux, plus ça durait : 5 à 7 mn au
plus court, 20 mn au plus long. Le médecin regardait par un hublot à la
porte. Il n’avait pas besoin de masque à gaz, il n’entrait pas. C’est
celui qui versait le gaz qui en avait un. Lorsque quelqu’un n’était pas
mort dans la chambre à gaz, il était abattu par un SS. Des noms des SS
je ne me souviens pas hormis Moll et Steinberg. Il y en avait aussi un
qu’on appelait Holländer (le Hollandais) mais je ne sais pas quel était
son nom, de même pour celui qu’on appelait « le rouge » parce
qu’il avait le visage très rouge.
J’ai souvent vu abattre des gens au crématoire. Des prisonniers, des
civils ou des prisonniers Russes. Ça pouvait aller jusqu’à 100
personnes. Le plus souvent c’était Holländer qui le faisait et
l’Unterscharführer Steinberg. Il y en avait parfois un autre, mais son
nom ne me revient pas. Ça se passait près des fours, pas en sous-sol,
pas dans la salle de déshabillage. Deux ou trois SS étaient en service
dans ce crématoire.
J’ai vu aussi jeter des enfants par-dessus les têtes quand la chambre à
gaz était pleine. J’ai vu également des cas où un SS prenait un enfant
à sa mère et lui donnait un bonbon, il le prenait par la main, et
ensuite il le tapait contre le mur, sous les yeux de sa mère.
Quand les transports arrivaient, les gens descendaient sur la rampe.
Ceux qui ne pouvaient pas marcher étaient emmenés en camions et
lorsqu’ils arrivaient, ils étaient bennés. Quand les gens
s’agrippaient, on leur tirait dans les mains. Moll y était souvent.
J’ai connu Filip Müller là-bas. C’était l’été 44. Au crématoire où j’ai
travaillé, il n’y a pas eu de sélection, en revanche il y en a eu au
Bunker V et aux K IV et V. 200 prisonniers ont été tués à Auschwitz I.
Je pense que c’était en juillet ou en août, je ne sais plus exactement.
Après «l’action de Hongrie». J’ai entendu dire qu’ils avaient été gazés
dans l’ «Effenktenkammer».
Il y a eu des moments où il y avait beaucoup de transports et nous
avons dû empiler les corps près des fours pour libérer les chambres à
gaz. Il est arrivé souvent que les fours ne suffisent pas pour fournir.
Les corps enflaient… Au K III on ne brûlait pas de corps dans des
fosses, c’est au K V que ça se faisait, c’est ce que les autres m’ont
dit.
La révolte a eu lieu en octobre. Le K III où j’étais n’a
pas participé. Ça s’est produit au IV et au V. Il y avait un plan de
révolte au K III, on avait des armes, des grenades à main et de la
poudre, mais la révolte est arrivée plus vite que prévu. Normalement,
c’était le K III qui devait donner le signe en mettant le feu, mais aux
K IV et V ils n’ont pas attendu, c’est pourquoi le III n’a pas
participé.
Ça s’est passé le midi, on était allés chercher le repas au camp d
parce qu’on était Stubendienst. Je suis allé du K IV et V au K III. Au
K IV et V nous avons laissé un récipient dans la cour et nous sommes
allés au III. En chemin vers le III, à proximité, là où il y avait le
chemin vers le Bunker V, il y avait un abri pour un garde (Posten). Il
a commencé à tirer, mais pas sur nous. Nous avons regardé aux alentours
et nous avons vu qu’il y avait le feu au K IV. Le garde qui nous
accompagnait nous a dit de courir au K III. Aussitôt que nous avons été
dans la cour du crématoire, des SS nous ont rapidement regroupés sous
la menace d’une mitrailleuse. Ensuite, quantité de SS sont arrivés et
ils ont fait l’appel dans la cour. Tous les prisonniers étaient là. On
nous a fait entrer dans la salle de dissection. On était tous là, nous
étions 83 hommes. On avait encore les grenades à main. Nous sommes
restés assis là très longtemps. J’ai fini par demander au SS qui était
près de la porte qu’il me laisse aller chercher des couvertures pour la
nuit. Il a accepté et on a remis les grenades à leur place. Elles y
sont restées jusqu’à la destruction du crématoire. Un homme parmi nous
a été tué parce qu’il avait crevé les pneus du vélo d’un SS. Ceux des K
IV et V ont tous été tués. Le soir, des officiers SS du service
politique et le commandant du camp sont venus. Ils ont dit que 30
hommes devaient aller travailler au K II. Nous ne voulions pas y aller
parce que nous savions qu’il y avait des camarades au K II et qu’on
serait abattus. Ils ont juré que ce ne serait pas le cas, qu’ils ne
nous tueraient pas. Ceux des K IV, V et II s’étaient tous évadés, mais
ils ont été tués, soit sur place, soit à l’extérieur du camp.
Lorsque l’armée russe a été proche, nous avons été passés dans le commando de démolition (Abbruchkommando) pour détruire les K II et III. Ensuite c’était l’évacuation. Mon père était avec moi. Il est mort à Ebensee. On est allés à pied jusqu’à Breslau je crois. C’était à la frontière de la Tchécoslovaquie et de la Pologne. Ensuite je suis allé à Melk puis à Ebensee tandis que mon père est allé directement à Ebensee.
J’ai vu Kaduk à la cuisine du camp d. Par hasard, j’ai vu comment un prisonnier est passé près de lui sans enlever sa casquette, alors il a attrapé le prisonnier et lui a plongé la tête dans un tonneau d’eau. C’était en été 44 je crois, je ne sais plus. J’étais déjà au K III. Ce sont les prisonniers qui m’ont appris son nom ensuite quand je l’ai demandé. Sinon je ne sais pas quelles fonctions il avait et je ne l’ai plus revu après.
Question du procureur Kügler :
- Est-il
arrivé qu’un groupe de personnes doive attendre longtemps dans la
chambre à gaz, soit parce que le Zyklon B ne serait pas arrivé, soit
parce qu’il n’y en aurait pas eu suffisamment ?
- Il y a eu une occurrence où il a manqué une boîte, il n’y en avait
qu’une. Le médecin a demandé au chauffeur où était l’autre. Il a
répondu qu’il n’en avait apporté qu’une alors ça a duré très longtemps
avant qu’il n’ait apporté une autre boîte d’Auschwitz, les gens étaient
déjà enfermés dans la chambre à gaz.
Questions de l'avocat de la partie civile Ormond :
- Quand vous êtes arrivé au commando et que vous avez dû sortir les
cadavres, au Bunker V, vous les preniez à 4, vous a-t-on donné des
ordres sur la façon de procéder ?
- Non, on ne nous a pas donné d’ordre. Nous nous y sommes pris à 4 et
là un SS est venu, nous a cogné dessus en disant : "une personne
pour traîner une personne !"
- Vous avait-on donné quelque chose pour les traîner ?
- Oui, une canne, et on nous a montré comment on devait faire en la passant sous le cou.
- Vous souvenez-vous dans quel crématoire le camp des familles Tchèques a été gazé ?
- Je n’en suis plus sûr, mais je pense que c’était dans le K IV ou V.
- Savez-vous autre chose à ce sujet ?
- On les a amenés en camions, mais je ne l’ai pas vu, seulement entendu.
- Savez-vous quelque chose sur le gazage du camp des Tziganes ?
- C’était une "action" identique. On les a gazés au K IV et V, c’est
certain. Dans le crématoire où j’étais il y en a eu très peu.
- Aux K II et III, combien de corps pouvait-on brûler à la fois ?
- 3.000 en 24 h
- Avant que vous ne soyez appelé pour témoigner, vous êtes déjà venu
dans cette salle. À cette occasion, avez-vous reconnu qqn parmi les
accusés ?
- Celui-là, de la cuisine… celui-là (montre Capesius), je crois qu’il
était médecin. Je l’ai souvent vu. Je l’ai vu avec le véhicule qui
portait la croix rouge. C’était lui la fois où il n’y avait qu’une
boîte, il a renvoyé le véhicule pour en chercher une autre. Il y avait
là notre SS et ceux qui avaient accompagné le transport, mais ils
n’étaient pas près de la chambre à gaz. Près de la chambre à gaz,
c’était cet homme et notre Unterscharführer, Steinberg, avec le
chauffeur. C’est Steinberg qui avait le masque à gaz. C’était de jour.
Questions du juge Richter :
- De Kaduk,
vous nous avez dit qu’à la cuisine, il avait maintenu la tête d’un
homme sous l’eau jusqu’à ce qu’il en meure ?
- oui
- l’avez-vous reconnu ?
- oui
- vous avez ensuite reconnu un homme dont vous avez dit qu’il était médecin, qu’avez-vous vu à son propos ?
- je l’ai vu fréquemment entrer au crématoire avec les transports mais je n’ai pas vu ce qu’il faisait ensuite.
- vous avez reconnu un autre accusé dont vous avez dit qu’il était dentiste…
- oui, je l’ai vu souvent. Il venait prendre les dents et il emmenait
l’or. Il y avait parmi nous deux prisonniers qui fondaient l’or et les
dentistes venaient le prendre une fois par semaine, c’est pourquoi je
l’ai souvent vu au crématoire. Il est souvent venu pour prendre l’or.
Parfois c’était en même temps que l’arrivée d’un transport, parfois
non. Je l’ai vu aussi au crématoire lorsqu’un transport venait mais je
ne sais alors pas ce qu’il y faisait.
- vous avez dit également de cet accusé qu’il était médecin, que pouvez-vous nous en dire ?
- je ne me souviens plus de ce qu’il faisait, c’est juste que je reconnais très bien son visage
- vous avez parlé aussi de cet accusé, avec les lunettes, en disant qu’il était un officier gradé ?
- non, qu’il venait au crématoire en compagnie d’un officier gradé, la
plupart du temps avec les transports. Il ne venait pas chaque fois,
mais je l’ai vu à de nombreuses reprises. Il y avait toujours un
officier gradé, mais ce n’était pas un médecin. Il était officier lui
aussi.
- enfin vous avez reconnu un dernier accusé (Scherpe), celui-là, avec des lunettes
- oui, son visage m’est bien connu mais je ne saurais pas en dire davantage.
- étiez-vous allé à l’hôpital ?
- non
- enfin vous avez pensé avoir reconnu cet accusé, à la 2è place, il
s’appelle Stark, mais lorsque vous êtes arrivé au camp il n’y était plus
- pourtant je connais son visage…
Représentant de la partie civile Raabe :
- le prisonnier auquel Kaduk a mis la tête sous l’eau était-il mort ensuite ?
- oui, je pense qu’il était mort
- avez-vous vu qu’il était mort ?
- oui
- une autre question : êtes-vous allé ces derniers temps à Auschwitz ?
- j’y suis allé il y a environ deux mois. J’avais enterré mon journal là-bas et je voulais le chercher
- étiez-vous accompagné par un reporter de la « Revue » ?
- oui
- avez-vous lu l’article que ce reporter a écrit ?
- oui, je l’ai lu une fois
- il y est écrit que vous avez connu le Dr Capesius et qu’il amenait le
Zyklon B au crématoire, alors je vous demande : comment le nom de
Capesius peut-il figurer alors que vous ne pouvez pas nous le nommer
aujourd’hui, nous indiquant la personne en disant que vous ne
connaissiez pas son nom ?
- je n’ai pas donné ce nom au reporter de la Revue. L’accusé, je le
connais très bien d’autrefois. Si vous m’amenez 1 000 personnes,
je le reconnaîtrai parmi elles
- alors vous l’avez montré au reporter dans la salle d’audience sans donner son nom ?
- oui
Défenseur Laternser :
- à la question du
Président, vous avez répondu que vous avez vu une fois cet accusé au
crématoire, qu’il serait venu avec le véhicule portant la croix rouge,
et qu’il a donné l’ordre d’aller chercher une autre boîte parce qu’il
n’y en avait qu’une. Avez-vous également dit cela au reporter de la
revue ?
- Procureur Kügler : excusez-moi, je voudrais juste préciser que
le témoin a dit avoir vu souvent cet accusé et qu’une fois s’est
produite cette histoire avec le Zyklon B
- oui, je l’ai vu à de nombreuses reprises et cette affaire avec les boîtes s’est produite une fois
- et quand avez-vous été avec le reporter dans la salle ?
- c’était durant une pause… un lundi… il y a deux mois environ
- ensuite vous êtes allés à Auschwitz avec ce reporter ?
- oui
- et qu’avez-vous reçu pour cet article ?
- rien. Ils ont payé mon billet d’avion de Tel Aviv à Varsovie
- donc vous avez bien reçu qqchose… Ensuite, avant votre déposition,
est-ce que qqn s’est adressé à vous, un certain M. Niedzielak ?
- je ne sais pas de qui il s’agit
- en dehors des questions de nom, qqn s’est–il adressé à vous ?
- il y a bcp de gens que je connais ici, Müller, Radvansky…
- oui, ce sont des témoins comme vous, mais je parlais de qqn qui vous aurait interrogé sur vos dépositions
Président Richter : Niedzielak, voulez-vous vous lever ? M. Paisikovic, avez-vous parlé à cet homme ?
- je l’ai vu plusieurs fois mais je ne lui ai pas parlé
- je n’ai pas d’autres questions.
[S’ensuivent des remarques acerbes au fleuret moucheté entre
Laternser et Kaul (partie civile) à propos d’une photo, puis avec
Steinacker et le Président pour essayer de boucler la question.
Enfin Kaduk demande la parole pour dire qu’il était à Auschwitz mais
n’a jamais été en service à Birkenau et qu’en conséquence le témoin n’a
pas pu le voir.]
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