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jeudi 19 avril 2012

Prague, littérature tchèque et Mendelssohn : que du bonheur !

Jiri_Weil_Mendelssohn Comment ne pas chroniquer ce très beau livre de Jiří Weil ! Peut-être connaissez-vous déjà cet auteur ? En ce qui me concerne, je viens seulement de le découvrir vraiment par le biais de ce roman... qu'il m'a d'ailleurs fallu un peu de constance pour trouver. Nul doute maintenant que je chercherai aussi ses romans précédents. Quel plaisir, cette écriture délicate, chaleureuse et pleine de retenue, lorsqu'elle évoque sa ville de Prague bien aimée !
Je ne peux que vous recommander, vous l'aurez compris, la lecture de ce "roman". Terme auquel j'inflige des guillemets, car la dimension documentaire de ce livre est indéniable, même si on est loin d'un ouvrage à valeur historique. Dans une première partie, vous y suivrez les vies de quelques personnes, qui s'entrecroisent de plus en plus douloureusement, oppresseurs et opprimés, SS et Juifs. Nous sommes à Prague en 42. La seconde partie se déroule au ghetto de Terezin. Elle est écrite de façon tout à fait différente et ne semblerait pas être rattachée au début du texte, si certains personnages ne s'y retrouvaient. La première partie est l'affreuse réalité de Prague sous la botte nazie, où la mort peut guetter à chaque pas. L'auteur emmène alors son lecteur dans la seconde, sous une plume qui se fait dure et sans couleur, un autre monde, qui n'a plus rien à voir avec la réalité du premier.

Mais connaissez-vous l'histoire (incroyablement) vraie qui donne son titre à cet ouvrage ? On croirait une histoire juive malicieusement inventée dans le "yiddishland" ! Elle est pourtant exacte : des SS avaient réclamé que soit déboulonnée la statue de ce Juif qu'est Mendelssohn, osant trôner sur le toit de l'Opéra de la ville. Faute de savoir reconnaître le visage de Mendelssohn, comment procéder ? Les sous-fifres SS qui doivent s'acquitter de la tâche ont une idée lumineuse, évidente, la propagande le leur a assez expliqué : le Juif, c'est celui qui a le nez le plus proéminent, bien entendu ! Et c'est ainsi que sera choisie pour le "déboulonnage" la statue de ... Wagner !

Vous trouverez ici une biographie de Jiří Weil : site Babelio.

Et puis... ne manquez pas d'écouter le concerto pour violon de Mendelssohn (Itzhak Perlman et Yo-Yo Ma, impérativement !)

mardi 29 juillet 2008

Spectacles à voir et ne pas voir

Je n'ose pas imaginer la comédie (oui, oui) présentée au "off" d'Avignon qui avait pour titre "Je suis Adolf Eichmann" à propos duquel la journaliste Muriel Steinmetz écrit notamment (dans l'Huma du 25 juillet) : "On touche à la pointe du mauvais goût, pour ne pas dire de la plus malsaine ambiguïté (...) Quant à faire le point sur ce monstre né d’un système monstrueux, il ne faut sans doute pas compter sur les artisans de ce spectacle qui semble privilégier la vulgarité au détriment de la pensée."

Requiem_de_Terezin.jpg
Un autre spectacle en revanche semble d'une qualité rare. Les Editions du Sonneur ont eu l'excellente idée de rééditer le Requiem de Terezin de Josef Bor (Vous pourrez en lire un extrait en cliquant ici)
sur lequel se fonde cette prestation dont voici l'affiche : de Michel Pastore avec Fabrice Lucchini, récitant ; Sandrine Eyglier, soprano ; Marie-Ange Todorovitch, Veronika Hajnova, altos ; Jean-Luc Viala, Jesús García, ténors ; Jean-Philippe Lafont, Roman Vocel, barytons ; avec l'Orchestre Philharmonique de l’Opéra de Marseille et le Chœur Ad Fontes Canticorum, direction Cyril Diederich. Après une première à Terezin le 21 juin, ce spectacle a été donné à Marseille le 11 juillet (vous pouvez en lire un compte-rendu ici).

Je n'ai pas trouvé la réponse à la question : a t-on une chance de le voir ailleurs ? J'espère bien que oui, en ayant bien peur que non... en attendant, reste la possibilité de lire ce livre publié pour la première fois en 1963. Son auteur, Josef Bor, après Terezin, a été transféré à Auschwitz (Monowitz) puis, à l'évacuation du camp, à Buchenwald.
Comme l'écrit l'éditeur dans sa préface : "ce n'est pas un lvre de désespoir, mais un chant passionné pour la liberté et la justice, une réponse de la dignité humaine à la barbarie nazie".