Voilà bien longtemps que je m'interroge sur la pertinence de donner ici des nouvelles personnelles. Un tel texte n'aurait pas sa place sur le site, c'est certain, mais sur le blog ? Viennent ici, finalement (outre les "spammeurs" !) essentiellement les lecteurs qui ont un lien particulier avec moi, en général des échanges de mails, parfois nombreux et répartis sur des années. Je leur dois peut-être des explications devant le "silence" qui s'est installé ces dernières années : très peu de nouvelles pages, pas davantage de nouveaux posts sur ce blog. Sans doute l'avez-vous interprété comme un éloignement du sujet. Ce n'est pas le cas...

Sonder-Bxl-actes-colloque.jpg Je viens donc aujourd'hui écrire ces quelques mots pour expliciter mon silence. Ces dernières années ont été pour moi bien éprouvantes. D'abord un cancer du poumon (opération puis chimio très rude) en 2012-2013. Ensuite la bataille du "retour". Une récupération lente mais certaine, marquée au printemps 2013 par l'honneur qui m'a été fait -encore merci à Philippe Mesnard et Frédéric Crahay- d'une participation au colloque international de Bruxelles sur les Sonderkommandos et Arbeitsjuden où j'ai eu le plaisir toujours renouvelé de retrouver Gideon Greif.

Tirée d'affaire, me restait à "écouter pousser mes ch'veux" comme disait le grand Jacques. Une longue remontée, donc, qui me faisait regarder 2015 comme un retour à un bon état de santé... mais à la veille de cette nouvelle année, un problème visuel a révélé une métastase qui en a décidé autrement (soucis avec ma vue toujours présents au moment où j'écris, qui m'interdisent depuis lors de lire "sur papier" et rendent la lecture sur ordinateur très difficile). Cette fois, la tumeur s'est fixée sur les méninges. D'après les cancérologues que j'ai consultés, à ce jour on ne sait pas s'en débarrasser, on peut juste espérer la contenir par des chimios particulières (par voie de ponctions lombaires). J'ai donc eu droit à ce traitement durant huit mois de 2015, jusqu'à la ponction d'octobre où s'est perfidement invité un staphylocoque. Le résultat ne s'est pas fait attendre : méningite nosocomiale carabinée (dont je ne suis toujours pas totalement sortie à ce jour, car les effets s'étirent sur des mois).

Double (triple ? quadruple ?) peine : au moment de la sortie en salles du Fils de Saül qu'évidemment j'attendais avec impatience et enthousiasme, je n'étais pas capable de tenir debout. Quand j'ai été de nouveau en état d'envisager une séance de cinéma, le film n'était plus à l'affiche. Je ne l'ai pas encore vu à à ce jour !

Pour autant je ne me laisse pas abattre... 2016, ce s'ra bien, hein ? Bonne année à vous !