Cannes 2013 Le Festival de Cannes se déroulera cette année du 15 au 26 mai. Parmi les films hors compétition, se trouve un nouveau document de Claude Lanzmann intitulé "Le Dernier des Injustes" (3h40).

Il évoque Benjamin Murmelstein (né en 1905 à Lvov, mort en 1989 à Rome). Le personnage est regardé selon les cas de façon complètement ambivalente : considéré par certains comme un collaborateur des nazis surtout soucieux de sauver sa vie et celle de ses proches, il est vu par d'autres comme quelqu'un qui a tout fait -étant donné le contexte- pour sauver autant de Juifs que possible.

A l'issue de ses études de philosophie, après la première guerre mondiale, Benjamin Murmelstein était rabbin à Vienne. De 1938 à novembre 41, par des négociations avec Eichmann, il aurait permis à 128.000 Juifs de s'enfuir en émigrant. En janvier 43, il sera lui-même déporté à Theresienstadt où il veillera à "l'embellissement de la ville" pour la propagande (on sait que ce ghetto était utilisé comme vitrine, qu'il a été visité par la Croix Rouge -cf Un Vivant qui passe- afin de laisser croire que les Juifs étaient bien traités, qu'il a fait l'objet d'un film de propagande : "Der Führer schenkt den Juden eine Stadt"). A l'automne 44, les derniers convois partent de Theresienstadt vers Auschwitz avec Jacob Edelstein, le Judenälteste (Président du Conseil juif ou Judenrat) et c'est Benjamin Murmelstein qui devient responsable du ghetto. Arrêté peu après la libération, il sera emprisonné à Prague puis libéré après quelques mois. Il partira alors vivre en Italie (en 1947). Lors de la préparation du procès d'Eichmann (1961) il propose son témoignage mais ne sera pas retenu. En 1975, Claude Lanzmann, dans le cadre de ses recherches pour le film Shoah, rencontrera Benjamin Murmelstein, qui semble être le seul Président d'un Judenrat resté en vie. Ces entretiens ne figureront finalement pas dans son film. Ils font l'objet de celui qui nous est proposé aujourd'hui.