Uwe_Boll_film_Auschwitz Nul doute que l'annonce de la sortie de ce film va créer un "buzz" sur le net.
Uwe Boll est allemand. Il est né en 1965. Il a suivi un cursus universitaire en littérature si on en croit les infos disponibles sur le net à son sujet. Il est inconnu du grand public en France parce que ses films n'y sont jamais diffusés. Il est pourtant très prolifique en matière de cinéma et propose en général des interprétations personnelles basées sur des jeux vidéos. Globalement il est considéré comme réalisant de très mauvais films. Il répond à ces critiques en arguant que si ses films sont de mauvais goût c'est que ... la réalité est elle-même de très mauvais goût.
Il semble qu'après avoir longuement tourné de ces films dégoulinants de ketchup (mais je reconnais que je parle sans savoir, sans les avoir vus), une évolution de genre se fait jour. Il a ainsi sorti "Darfur" en 2009, certes contesté comme tous ses films précédents, mais qu'il revendique comme un appel au secours "alors qu'il est encore temps d'agir". (Pour les germanophones , interview à ce sujet en cliquant ici).
Aujourd'hui il annonce donc la sortie d'un film sur Auschwitz. Le teaser est particulièrement glauque (si vous y tenez, il est en lien ici). L'image qui illustre ce billet en en est extraite. Un SS (qu'il joue lui-même me semble-t-il) attend, devant la porte d'une chambre à gaz, où agonisent les victimes que l'on entend hurler, frapper... Nous voilà replongés dans les "a-t-on le droit de".
Auparavant, je propose de se demander pourquoi ce film, quel est son objectif ? A la vue de cette présentation que le réalisateur a choisi d'en proposer, j'ai juste envie de fermer la fenêtre avec dégoût. Cette impression d'étalage de morbidité gratuite où chaque plan est une erreur historique me semble surtout s'adresser à un public de voyeurs. Mais certains amateurs de Uwe Boll affirment que ce film se fonde sur le fait qu'il trouve insupportable la légèreté avec laquelle certains jeunes allemands aujourd'hui regardent le passé génocidaire de leur pays. Il s'agirait donc de les mettre en face d'une vérité sans fard, de créer un choc.
Peut-être cet argument est-il juste. Mais dans ce cas en est-on déjà là ? Est-ce la réponse à cette (hypothétique) situation ? Dans tous les cas, il va être difficile de me convaincre que le non-respect de la vérité historique puisse être acceptable, quel que soit le propos au service duquel on se place.
Bon, je vais tacher de trouver et regarder "Darfur" en attendant la sortie de "Auschwitz"...