Dernières lueurs
Petit bilan d'un été grandement actif...
Bien entendu j'ai eu davantage de temps pour lire, mais de cela je vous rends compte au fur et à mesure, comme d'habitude, sur la page "médiagraphie" du site consacrée aux livres. Pour le reste, en revanche...
J'ai d'abord eu la chance d'être retenue pour l'Université d'été à Paris du Mémorial de la Shoah. J'en profite pour le remercier au passage, à la fois pour organiser ce type de séminaire, pour avoir retenu ma candidature, pour la qualité et la densité du programme qui nous a été proposé, mais aussi plus généralement pour la disponibilité et l'aide que j'ai trouvées au Mémorial chaque fois que je m'y suis rendue pour travailler aux archives. Faisait partie des activités proposées une visite commentée à Drancy où je n'avais jamais pris le temps d'aller (monument ci-contre, avec une partie du "U" en arrière-plan).
J'en ai profité aussi, avant de quitter Paris où je ne me rends plus que très rarement et en coup de vent, pour retourner au cimetière du Père Lachaise, notamment dans la section réservée aux mémoriaux des différents camps. (Ci-contre, la plaque du monument commémoratif d'Auschwitz - Birkenau).
Un peu plus tard, nous avons réussi à trouver, avec mon amie Isabelle de Montpellier, quelques jours communs de liberté dans nos emplois du temps chargés. Cette fois c'est un après-midi avec ma fille (adorable, évidemment) au camp de Rivesaltes que j'ai ajouté au programme avant notre retour. Nous ne nous attendions pas à cette plaine immense, écrasée de chaleur, avec ces bâtiments des diverses parties du camp à perte de vue... Beaucoup de photos et des rencontres sur place...
Enfin ce fut la semaine à Varsovie dans laquelle a réussi à tenir de façon satisfaisante un programme assez considérable. Avant tout, bien entendu, il s'agissait de poursuivre les recherches au ŻIH, le Musée d'Histoire Juive, aux célèbres archives. Ce bâtiment a échappé à la destruction méthodique de la ville voulue par les nazis. A ses côtés s'élève désormais ce que les habitants de Varsovie appellent "la tour bleue", en lieu et place de ce qui fut la plus grande synagogue de la Varsovie d'avant guerre. Un travail concentré et méthodique secondé par l'efficacité et la disponibilité du personnel du service des Archives -je tiens à remercier en particulier Mmes E. Bergmann et A. Reszka- me permet de ramener les documents que j'étais allée chercher. Un investissement considérable reste nécessaire, notamment la traduction de ces documents qui, bien entendu, sont en Polonais ou en Yiddish...
Nous avons aussi sillonné la ville en tous sens, jour après jour, sur les traces du ghetto. Impressions puissantes à parcourir des rues dont les noms m'étaient connus par la lecture du journal d'A. Czerniaków... J'ai pensé beaucoup aussi à Mme Larissa Cain que j'ai eu la chance de rencontrer (son témoignage quant au ghetto de Varsovie est visible en cliquant ici), une femme remarquable d'intelligence et de douceur...
Etrange et sans doute signifiante cette apparente opposition entre les bâtiments antérieurs à 40 qui semblent le plus souvent sur le point de s'effondrer et les plaques mémorielles aux textes de qualité réparties ici et là dans l'ancien ghetto (dont on nous a dit qu'elles avaient été installées conjointement par la municipalité et la communauté juive depuis quelques années).
Et puis nous sommes allés à Lublin - Majdanek. Immensité du camp et rareté des visiteurs. La photo ci-contre donne un petit aperçu de ces dimensions étonnantes, d'abord au travers du monument (voir la taille des personnes du groupe juste dessous) mais aussi en regardant l'horizon (sachant que lorsque les limites du camp sont atteintes, commencent les logements des habitants de Lublin) !
Tout cela pourrait faire... devrait faire... fera ?... l'objet de pages informatives sur le site. Mais elles seraient bien au-delà de mon sujet de recherche et de l'objet du site. D'ailleurs où les intégrer ? (dans les "pages zoom" ?) Enfin et surtout : quand les rédiger ? Eternel rêve d'avoir tout mon temps pour travailler à ces sujets !
Commentaires
HÉRITIERS DES JUSTES
J’annonce ici OFFICIELLEMENT la création par moi-même du titre de HÉRITIER(E) DES JUSTES, que je souhaite décerner pour la première fois en 2007 à Véronique pour la création de ce site et pour l’ensemble de l’œuvre de cette femme non-juive et mère de famille nombreuse, qui exerce en même temps sa profession d’enseignante et cet effort de salubrité publique.
Tous ses rares loisirs y passent et, j’en témoigne, toutes ses économies.
Jusqu’à présent, il ne s’est trouvé personne d’autre, et je le déplore, pour réclamer sa part de cet héritage.
Si vous estimez avoir quelque bonne raison ou des titres contrôlables à recevoir cette honorable distinction, faites-le moi savoir sur mon blog ou sur celui-ci. Je ferai une enquête.
Je vous rappelle qu’il faut être non-juif (encore une discrimination que nous revendiquons), né APRÈS la libération des camps en 45, et avoir FAIT quelque chose de remarquable pour la connaissance de la vérité et contre la négation.
Salut à vous et à tous les anonymes que nous ne connaissons pas encore.
Alexandre Oler, survivant de la Shoah et auteur de plusieurs ouvrages sur le thème (http://alexandre-oler.info/ ).