Une lettre de prisonniers d'Auschwitz
Un message cosigné par sept prisonniers vient d'être retrouvé à Oświęcim à l'occasion de travaux dans un bâtiment faisant autrefois partie du camp. Premières infos à ce propos à lire ici sur Beskid info.
Un message cosigné par sept prisonniers vient d'être retrouvé à Oświęcim à l'occasion de travaux dans un bâtiment faisant autrefois partie du camp. Premières infos à ce propos à lire ici sur Beskid info.
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Suite de l'info sur Beskid :
"Le nom de l’auteur de la lettre vient d’être révélé. Il s’agit de l’ancien prisonnier Bronislaw Jankowiak, son écriture a été formellement identifiée par sa fille, Irène et comparée avec celle de ses lettres et du journal qu’il a rédigé en 1945. [...]
Bronislaw Jankowiak [...] est né en 1926 à Poznan, il a été déporté à Auschwitz suite à une dénonciation du voisinage, qui l’a désigné comme Juif. Il est arrivé au camp en mai 1943 et enregistré en tant que Polonais. Après le démantèlement d’Auschwitz, il a séjourné dans un autre camp sur le territoire allemand, d’où il a été libéré en 1945 et transporté en Suède, pour y être soigné. C’est en Suède qu’il rencontre sa future épouse, elle aussi ancienne déportée d’Auschwitz. Ils se sont installés définitivement en Suède et ont eu 4 enfants. Ils sont décédés tous les deux il y a une dizaine d’années.
Un autre des prisonniers mentionnés dans la lettre, Karol Czekalski de Lodz a été arrêté en 1943, en compagnie de son frère Antoni pour leur appartenance à AK. Il a survécu au camp grâce à son travail de maçon et à la protection et l’amitié d’un autre prisonnier Stanislaw Zydler. Karol Czekalski est aujourd’hui âgé de 83 ans et vit à Lodz.
Les recherches continuent pour établir les destins respectifs des autres prisonniers mentionnés dans le message."
Et dans la presse française :
"Albert Veissid, déporté français au camp nazi d'Auschwitz dont le nom figure dans un message caché dans une bouteille récemment retrouvée par des ouvriers polonais dit [...] "Je ne me rappelle pas de cette bouteille. Et pourtant c'est bien mon nom qui est marqué sur ce message et mon numéro de matricule: 12063." [...]
Agé
de 84 ans, cet ancien employé du secteur de la confection originaire de
Lyon a été déporté le 30 mai 1944 à Auschwitz. Il venait d'avoir 20
ans. Il vit aujourd'hui dans un village près de Marseille."
Sur www.lakoom.info
par Stanislaw WASZAK
VARSOVIE, (AFP) - "C'est moi qui ai mis cette bouteille dans le mur", déclare à l'AFP Waclaw Sobczak, 84 ans, détenu polonais numéro 145664 de l'ancien camp nazi d'Auschwitz-Birkenau. Envoyé à Auschwitz en 1943 pour avoir fui les travaux forcés, Waclaw Sobczak est l'un des sept hommes dont le nom et les numéros de matricule figurent sur un message enfoui dans une bouteille, retrouvée fin avril dans un bâtiment utilisé par les gardes allemands de l'ex-camp d'extermination. "C'était une tentative de laisser une trace de notre existence, alors que nous voyions notre fin proche", explique-t-il au téléphone depuis sa maison de Wrabczyn, dans l'ouest de la Pologne.
Les trois survivants de la liste, aujourd'hui octogénaires, revoient avec peine le film du calvaire d'il y a 65 ans, que vient leur rappeler ce message du 20 septembre 1944. "C'est incroyable. Moi, je me souviens de tout dans le camp, de A à Z, et en vous parlant, j'ai les images devant les yeux. Mais cette histoire de bouteille, c'est une énigme. La plus grande surprise de ma vie", confie à l'AFP Albert Veissid, déporté juif au camp d'Auschwitz, le seul Français parmi les personnes citées, aux côtés de six Polonais.
Vendeur dans un magasin de confection et musicien, il est arrêté en juillet 1943, envoyé au camp de Drancy, près de Paris, puis déporté à Auschwitz le 30 mai. Sous le matricule 12063, il se déclare maçon et travaille à la consolidation d'un bunker. Il ignore comment son nom s'est retrouvé sur la liste. "C'est vrai que je leur ai rendu des services: en haut, c'était le ravitaillement et souvent ils volaient des seaux de marmelade que je cachais en bas. Peut-être que par remerciement, ils ont mis mon nom dans la bouteille", dit-il, ajoutant que grâce à eux, il avait "beaucoup de soupe". "Le maçonnage nous était enseigné au grenier du bloc 7 par des ingénieurs, techniciens et contremaîtres, principalement juifs français (...) Dès le printemps 1944, une partie des élèves ont été jugés aptes au travail. Ils ont rejoint le groupe 'Luftchutzbunkerbau', chargé de construire des abris anti-aériens", raconte Karol Czekalski, 83 ans, dont le nom figure aussi sur le vieux document officiellement remis mercredi au musée d'Auschwitz.
"Nous étions utilisés pour différents travaux: poser du plâtre, mettre du carrelage... Finalement, on a été sélectionné pour construire cet abri. Ça a duré huit ou quinze jours. Je me rappelle vaguement quelques visages. Il y avait bien un Français parmi nous", se souvient Waclaw Sobczak. Il ignore qui a pris l'initiative d'écrire le message. "Quelqu'un a dégoté une bouteille. Je l'ai murée", dit-il simplement.
Un complément d'information est venu de Suède où vivent Irene et Margareta, filles de Bronislaw Jankowiak, matricule 121213, figurant sur la liste. En découvrant dans les médias la photo des quelques lignes gribouillées sur un morceau de papier jauni, elles ont reconnu l'écriture de leur père. "J'ai immédiatement reconnu son écriture, parce que j'avais des lettres de lui et parce que tout le monde reconnaît l'écriture de son propre père. Mon frère et mes soeurs l'ont aussi reconnue", raconte à l'AFP Irene, devant sa maison à Uppsala, au nord de Stockholm.
Bronislaw Jankowiak, un lycéen catholique, fut arrêté par les Allemands lors d'une rafle en mars 1943 et envoyé à Auschwitz-Birkenau. Après l'armistice, il refait sa vie en Suède où il rencontre sa femme, elle aussi une rescapée polonaise d'Auschwitz. "Je crois que ça le faisait souffrir, qu'il voulait oublier. Nous avons demandé à nos parents d'écrire, de témoigner, mais ils n'ont jamais voulu", observe Margareta.
L'Allemagne nazie a exterminé de 1940 à 1945 à Auschwitz Birkenau environ 1,1 million de personnes, dont un million de Juifs. Les autres victimes de ce camp furent surtout des Polonais non-juifs, des Roms et des prisonniers soviétiques.
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