Jorge_Semprun.jpg Envie de parler de Jorge Semprun dont je viens de terminer Le Mort qu'il faut. J'éprouve quelque chose de tout à fait particulier pour cet homme-là. J'aime le lire, l'entendre, le voir. Un homme qui réconcilie avec les hommes.
J'apprécie l'écrivain bien entendu, et cette étonnante capacité à nous approcher de Buchenwald dans des textes qui sont pourtant des romans, qu'on ne penserait donc pas être les plus aptes à nous permettre d'approcher la réalité du camp.
L'entendre est réjouissant. Etre en compagnie de cet homme de culture, d'intelligence et de simplicité : trio précieux. S'y ajoutent une droiture morale, une volonté d'honnêteté intellectuelle qui consolent de trop souvent rencontrer leurs contraires au quotidien.
Le voir enfin est un bonheur parce que s'ajoute alors à tout cela une classe naturelle, sans affectation aucune et tellement pleine d'humanité perceptible. Plaisir en soi, multiplié par quelque chose qui est proche d'une idée de revanche : savoir qu'il est un survivant, un revenu d'une première mort, et avec quelle élégance, face à la barbarie.