R_fugi_s_Espagnols.jpg A partir du début de l'année 1939, plusieurs centaines de milliers de réfugiés fuient l'Espagne franquiste et arrivent en France. Rien n'est prévu pour faire face à cet afflux et beaucoup seront internés dans des camps improvisés, à commencer par celui d'Argelès. Souvent même, ce seront eux qui construiront ces camps. Abri, nourriture, hygiène : les conditions sont catastrophiques à tous points de vue.

Le 20 août 1940, le premier convoi de déportation quitte la France. A son bord, 927 personnes : hommes, femmes et enfants. Ce train amènera ces réfugiés Espagnols au camp de Mauthausen où le personnel SS fera descendre tous ceux qui ont 13 ans et plus, soit 470 personnes. Ils ne porteront pas le triangle rouge des politiques, mais le bleu des apatrides parce que l'Espagne franquiste fait savoir qu'elle considère que ces "rouges", ces Républicains, ne sont plus considérés par elle comme des ressortissants Espagnols. Le train repartira ensuite, gardant à son bord les femmes et les enfants les plus jeunes... qui seront remis au gouvernement franquiste. Personne n'en aura jamais aucune nouvelle.
En 45, on comptera 73 survivants de ce convoi, soit moins de 8 %.

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Aujourd'hui, une plaque commémore ce convoi à Angoulème, ville d'où ont été déportés ces 927 Espagnols qui n'avaient pour toute culpabilité que d'avoir fui une dictature qui mettait leurs vies en danger.

Je remercie Progreso Marin pour la discussion que nous avons eue à ce sujet. Ecrivain né à Toulouse de parents exilés Espagnols, c'est un homme chaleureux qui s'est donné pour mission de recenser les témoignages afin de faire entendre les voix de tous ces anonymes qui nous disent l'Histoire à travers leurs terribles histoires personnelles.

Son dernier livre est intitulé Exilés espagnols : la mémoire à vif édité chez Loubatières, collection Récits.