CNRD.jpgDes élèves de 1ère S préparant le CNRD (Concours National de la Résistance et de la Déportation). Des élèves n'ayant pas complètement choisi ce travail de recherche et d'information. Moi en face d'eux. Deux heures de "cours". Deux heures exceptionnelles.

Je veux partager cela avec vous, que vous le sachiez, que vous vous en réjouissiez avec moi.

Nous partons de très loin. Toujours. Je commence chaque année en demandant quels noms de camps leur viennent à l'esprit, tous ceux qu'ils connaissent, quelle que soit leur nature, même s'ils ne sont pas certains qu'il s'agisse bien d'un camp. Une fois cités Auschwitz et souvent Dachau, parfois Drancy, exceptionnellement Treblinka, nous arrivons au bout des noms qu'ils peuvent évoquer. Je redécouvre chaque année que pour eux, il s'agit de cours d'histoire, de choses apprises en classe et mémorisées (ou pas).
Deux heures durant lesquelles ces jeunes étaient totalement à l'écoute. Pas ce silence seulement poli où les regards indiquent que celui-ci se demande s'il ira au cinéma samedi et celui-là si elle va finir par lui faire ce texto qui dira oui ou non.
Pas du tout. Deux heures durant lesquelles le silence était une écoute attentive. Deux heures durant lesquelles l'intensité était perceptible et l'intérêt réel. Deux heures durant lesquelles les questions étaient toutes pertinentes. Deux heures durant lesquelles je n'entendais pas les sonneries de fin de cours et où ils ne me disaient rien, ne faisaient pas même mine de ranger leurs affaires afin de me faire comprendre qu'il était temps d'arrêter.
Vous avez été formidables.
Merci pour hier, merci pour demain.