Après New York, Londres, Madrid et Barcelone, se tient à Lyon (28 mai - 03 août) une exposition très particulière appelée "our body" sous-titrée "à corps ouvert". Selon les points de vue, elle est qualifiée d'anatomique, d'artistique, d'éducative... ou de scandaleuse.
Il s'agit de corps (17 cadavres) ou organes (une centaine) humains. On la doit à Gunther Von Hagens qui n'en est pas à son coup d'essai (précédente expo "le monde des corps"). Né en Allemagne de l'Est en 1945, il est venu s'installer à Heidelberg depuis 1970. En 1974 il a mis au point le procédé dit de "plastination", fondement de l'expo en question : il s'agit de remplacer eaux et graisses du corps par du silicone ou de la résine ce qui les rend imputrescibles sans les détériorer.
Nous parlons donc d'une exposition de specimens humains écorchés. Les musées parisiens l'ont refusée. Le CCNE (Conseil Consultatif National d'Ethique) a voté à 37 voix contre sur 39 (technique sans critique, anonymat sans dignité humaine, marchandise de spectacle).
Outre les questions d'éthique puis les questions mercantiles, il y a également le problème juridique. "Toute atteinte à l'intégrité du cadavre par quelque moyen que ce soit est puni" dit l'article 225-17 du Code pénal. Néanmoins, la loi autorise le don de corps avec nécessité de consentement, mais elle exige par ailleurs "un objectif scientifique ou thérapeutique" (article 1232 de la santé publique).
A t-on le droit d'utiliser des cadavres ? et dans quels buts ? quelles sont les limites ? sont donc les questions qui se posent a priori. Mais une autre question est très lourde ici : d'où viennent ces corps dont on ne sait guère qu'une chose : ils sont asiatiques, vraisemblablement Chinois.
A lire ici une prise de position et des informations, là des hypothèses sur "la suite" et là encore le point de vue de Von Hagens...