Sam_Braun.jpgDans son livre Personne ne m’aurait cru, alors je me suis tu (éd. Albin Michel), Sam Braun (né en 27, déporté dans le convoi 64) raconte les derniers instants de sa "marche de la mort" (après l'évacuation d'Auschwitz III Monowitz) alternativement à pieds et en wagons sans toits :

"Un peu plus tard – peut-être est-ce le même jour, ou le lendemain, ma mémoire me joue des tours –, nous nous arrêtons dans une autre gare. Sur les quais passent des SS en uniforme. Dans toutes les langues, ils ordonnent aux malades de descendre des wagons. J’ai le typhus, je suis épuisé par la fièvre. J’ai perdu l’espérance et je décide de me rendre. Je veux mourir volontairement et non m’éteindre à petit feu comme mes compagnons qu’on balance sur le ballast pour faire de la place dans le wagon. Pendant les deux ans que j’ai passé dans le camp, j’étais persuadé que je m’en sortirais. Je m’évadais dans ma tête... Mais là, je n’en peux plus. Je demande à ceux qui m’entourent de m’aider à descendre. Nous sommes une centaine à nous condamner ainsi. Je vois le train repartir. Et, soudain, quand il est au loin, les SS, enfin ceux que nous prenions pour tels, enlèvent leurs uniformes. Sous ces costumes sinistres, ils sont habillés en civil ! Incroyable ! Nous sommes à Prague et ce sont des résistants tchèques !"

Un lien vers une interview de Sam Braun, malgré la pénible impression de "bâclé" que génère la formule de l'émission, indiquée par son intitulé "En trois mots".