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Dans le cadre de la commémoration du 65ème anniversaire de l'insurrection du ghetto de Varsovie, des cérémonies ont eu lieu ce mardi 15 et ce samedi 19 avril.

Varsovie est la capitale de la Pologne depuis 1919. Avant la guerre, les Juifs représentaient 25% de sa population. Dès le 12 octobre 1940, un décret allemand instaure la création d'un ghetto pour cette ville. Plus de 400 ghettos seront ainsi constitués en Europe de l'Est, qui deviendront des lieux de déportation vers les camps d'extermination, mais celui de Varsovie fut parmi les premiers et était le plus grand : il couvrait au départ 307 Ha de la ville (moins de 4 km² soit 2.4 % de sa superficie pour 25 % de ses habitants...). Jusqu'à 400.000 Juifs y ont été parqués (de Varsovie mais aussi des villes avoisinantes) dans des conditions épouvantables ou la mortalité est très vite devenue considérable. La ration alimentaire officiellement fixée par les Allemands était de 181 calories par jour par personne ! A partir de 1942, plusieurs milliers de personnes étaient déportées chaque jour. Entre juillet et septembre 1942, il y eut 300.000 déportations. De ce fait, la taille du ghetto fut diminuée en 43. Les quelques milliers de Juifs qui y vivaient encore décidèrent alors de résister et se cacher autant que cela était possible dans le ghetto. Les nazis commencèrent à incendier les maisons du ghetto une à une.
Des groupes de jeunes de 13 à 25 ans s'organisèrent en révolte armée (les armes provenaient de la résistance polonaise extérieure). Ils étaient à peine plus de 200. L'un de leurs commandants s'appelait Marek Edelman, il avait 24 ans et organisait l'insurrection d'une cinquantaine de jeunes. Pendant plus de trois semaines, du 19 avril au 08 mai 43, ces groupes ont tenu tête aux soldats SS. Ces courageux résistants savaient que leur combat était sans espoir, mais il fut un symbole essentiel pour les prisonniers Juifs des camps où l'information finit par parvenir, comme il le reste définitivement pour tous désormais.
Parmi la quarantaine de survivants, Marek Edelman, devenu cardiologue, est aujourd'hui le seul de la révolte qui soit resté vivre en Pologne et le seul commandant de groupe de révolte encore en vie. Il s'est déplacé cette année en fauteuil roulant, pour autant, comme chaque 19 avril, il est venu honorer la mémoire des combattants du ghetto, prônant en toute occasion les valeurs de fraternité et de solidarité humaines.
Cette année, les cérémonies de commémoration mardi 15 avril ont pris une ampleur particulière du fait de la présence du Président d'Israël Shimon Peres auprès de son homologue de Pologne Lech Kaczynski. Bernard Kouchner était également présent pour remettre la Légion d'Honneur à Marek Edelman.

Un lien vers la page du site de l'USHMM qui propose des films tournés par les nazis dans le ghetto de Varsovie.

La visite de S. Peres en Pologne aura duré quatre jours. Avant de se rendre à Varsovie, il était tout d'abord allé au camp d'extermination de Treblinka. La suite de son voyage a d'avantage été axée sur le renforcement des relations entre les deux pays. Comme le Premier ministre Polonais Donald Tusk l'avait dit lors de sa visite en Israël début avril "la Pologne veut bâtir un avenir commun avec Israël", ce que le chef d'état Polonais Lech Kaczynski a confirmé : "nous voulons tout faire pour que nos relations avec l'Etat d'Israël soient les meilleures possibles".