"La Chouette" était une association secrète qui s'était donné pour mission de retrouver et exécuter les anciens nazis. Danny Baz, militaire israélien, en faisait partie. Ce mardi, va sortir son livre Ni oubli ni pardon. Au coeur de la traque du dernier nazi.

SS_Aribert_HEIM_2.jpgParmi la liste des dix criminels de guerre les plus recherchés établie par le Centre Simon Wiesenthal (lien) figurait le médecin SS Aribert Heim (ci-contre). Malgré ses exactions à Mauthausen, il est devenu un gynécologue "ordinaire" à Baden Baden... jusqu'à ce qu'il se sache traqué en 1962. Il a alors disparu. Dans son livre, D. Baz affirme que ce SS a été retrouvé et exécuté par "La Chouette" fin 1982.

Au-delà de la question de savoir si l'information est juste ou non (sur laquelle je laisse s'exprimer les personnes ayant les informations nécessaires, ce qui n'est pas mon cas) j'ai envie d'évoquer ce sujet pour deux raisons.
La première sera rapidement traitée : j'entends parfois dire "à quoi bon, de toute façon, ce sont tous de vieux messieurs et la mort les guette". Il est bien évident que cet argument est irrecevable. Il n'y a aucune comparaison entre le fait de "mourir dans son lit" après avoir passé le reste de ses jours tranquillement ou après avoir au moins vécu dans la crainte d'être retrouvé et jugé pour ses forfaits. Les victimes survivantes de ces SS auront, elles, passé le reste de leur vie à porter le poids du passé, c'est la moindre des choses que d'au moins rappeler ce passé à la mémoire volatile des anciens SS.
Le second élément sur lequel je voulais écrire quelques mots me tient encore plus à cœur. Autant je trouve hautement scandaleux que ces SS aient été accueillis de façon bienveillante par la société allemande d'après guerre, autant j'ai du mal à accepter qu'ils soient ainsi exécutés. Bien entendu je comprends ce qu'il peut y avoir de libératoire à savoir qu'un bourreau est mort, mais même dans ce cas tout à fait particulier je n'accepte pas l'idée de se faire justice soi-même sans passer par les instances officielles (on m'objectera sans doute qu'elles ne sont pas toujours à la hauteur, le fait est que les peines dans les procès d'après guerre ont parfois été si ridiculement faibles...) Mais par-dessus tout, la justice expéditive -et secrète dans ce cas- ne permet pas aux victimes d'obtenir un peu de la paix qui leur serait accordée lorsque la communauté humaine toute entière par le biais de ses représentants, montre qu'elle estime nécessaire de juger les actes de leur bourreau. Et puis enfin, ne pas juger ces coupables de crimes contre l'humanité c'est se priver des informations historiques qui auraient pu être obtenues lors des procès.
Alors s'il peut être satisfaisant pour l'esprit dans un premier temps de penser que sans doute un A. Heim est "enfin mort", il me semble qu'on regrette ensuite et surtout que cela ait lieu secrètement et que le monde perde ainsi une occasion de rappeler (ou d'apprendre !) certaines informations, une occasion de réfléchir à tous ces sujets.