J'épluche le (gros) livre du procès de Belsen & Auschwitz... éprouvante activité. Je suis obligée de faire des pauses pour me calmer tant les dépositions et interrogatoires des accusés sont insupportables. L'un après l'autre, chacun déclare n'avoir jamais seulement vu de prisonnier battu ni mal traité, n'avoir jamais participé à une sélection autrement que par une obligatoire présence (hormis Klein, qui, lui, en tant que médecin, ne peut vraiment pas nier... mais dit lâchement que ce qui se passait avec les Juifs qu'il avait sélectionnés n'était plus de son ressort)...
Je viens de lire Volkenrath par exemple, plus que méprisable, déclarant qu'elle ne savait pas où on emmenait les femmes à l'issue des sélections, et que les prisonnières eux-mêmes l'ignoraient, ...
J'avais beau savoir cette attitude de lâcheté généralisée avant d'avoir ouvert ce livre, c'est particulièrement insupportable. Et je pense à la salle, aux survivants qui doivent écouter un Hössler ou une Grese prétendre avoir été des gens respectables au comportement convenable. J'imagine les accusés, debout dans le box, face à leurs victimes, osant d'aussi scandaleux mensonges...
Même les Britanniques qui constituent le tribunal ne réussissent pas parfois à retenir des mouvements d'humeur exprimant leur mépris devant l'évidence d'une telle litanie de mensonges.




La SS, prétendue race de seigneurs, en croyant se cacher derrière le masque d'un "je ne savais rien, je n'ai rien fait, je n'ai rien vu", montre à l'inverse au grand jour comment elle avait attiré dans les camps les personnalités les plus abjectes, n'ayant même pas le courage de la vérité, incapables de reconnaître et a fortiori d'assumer tant leurs actes que leurs convictions.
Je ne trouve pas les mots qu'il me faudrait pour exprimer l'ampleur de mon dégoût.