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mardi 19 février 2008

Władysław Bartoszewski

Un post en forme d'hommage anniversaire pour cet homme né un 19 février.
Arrêté en 40 à l'âge de 18 ans, il sera le prisonnier n° 4.427 à Auschwitz-Birkenau. Il se verra remettre la médaille des Justes pour ses activités. Devenu historien et homme politique, il est également le Président du Conseil international du Musée d'Auschwitz.
Drapeau_Pologne.jpgDrapeau_Allemagne.jpg


Il a toujours été très actif dans la défense de ses convictions, ce qui n'a évidemment pas toujours été simple. Avec l'arrivée du Premier Ministre Donald Tusk (voir post du 21/10/07 ci-dessous), il est revenu offrir ses services dans le domaine politique en prenant la charge des "relations polono-allemandes" . Il y travaille à la difficile mise en place d'un manuel d'histoire commun entre la Pologne et l'Allemagne (pour information, un tel manuel existe déjà entre la France et l'Allemagne).

Pour qui sait lire le Polonais, son blog est en lien ici.

samedi 16 février 2008

"Inimaginable, insoutenable et injuste"

Tels sont les mots de Mme Simone Veil pour qualifier la dernière trouvaille du Président de la République que Mme Annette Wieviorka a, quant à elle, définie comme "monstrueuse". Je ne peux pas ne pas faire ici écho à cette proposition présidentielle de jumeler un enfant Juif de France mort durant la Shoah à chaque élève de CM2.
Jeudi soir j'étais consternée, je n'ai pas décoléré de toute la journée de vendredi. Comme toujours ce Président est sur un terrain purement émotif et non pas sur celui de l'intelligence et de la réflexion où devrait se trouver celui qui représente ce pays.
Cette proposition est choquante à tous les niveaux :
- elle indique que ce Président s'autorise à prendre des décisions de son propre chef, sans prendre conseil ni en référer à quiconque, sans aucune réflexion préalable
- elle indique qu'il considère que les enseignants ne font pas leur travail. L'étude de la dernière guerre est présente à trois reprises dans les programmes : au CM2, en 3è de collège puis au lycée. Je ne doute pas que les professeurs sachent mieux que quiconque adapter leurs cours à l'âge de leurs élèves. Je ne doute pas qu'ils y fassent de l'Histoire et non du compassionnel comme le propose le Président. Je l'affirme en tant que parent : les professeurs se fondent sur la connaissance, la réflexion et l'analyse, seules fondations possibles d'un savoir qui ait du sens.
- elle indique qu'il veut donner à porter la culpabilité de l'Etat Français d'alors à des enfants de dix ans. Cette responsabilité, nul autre que l'Etat ne doit l'avoir en charge. C'est un poids politique collectif d'adultes que cette lourde honte qui, de la poignée de mains de Montoire à la rencontre de Bousquet et Heydrich mène à la mise en place de la déportation des Juifs de France. Ce ne sont certainement pas les enfants (qui n'y peuvent encore rien comprendre) qui doivent être chargés de la responsabilité des choix politiques meurtriers de leurs aînés.
- elle indique enfin que les enfants auraient à porter le poids de ce travail de deuil, "insoutenable et injuste" comme le qualifie Mme Veil. Les psychologues sont eux aussi lourdement opposés à cette proposition qui n'a rien à voir avec un travail de compréhension et de mémoire. S'agit-il de culpabiliser nos enfants ou d'en faire des citoyens ?

Accessoirement, sachant que Nicolas Sarkozy n'évoque la Shoah qu'au travers du sort des enfants (cf ses déclarations lors de sa visite à Yad Vashem) on peut se poser la question suivante : est-il capable d'autre chose que de réactions affectives ? est-il capable d'analyse ?

J'aimerais que la communauté Juive se dresse contre cette proposition présidentielle, de concert avec le reste de la population de ce pays et qu'ensemble nous nous y opposions avec force. Qu'ensemble nous réclamions que nous ne voulons définitivement que de l'information, de la réflexion, de l'analyse.

lundi 14 janvier 2008

Mercredi 23 janvier

Arte2.jpg
L'une des émissions d'Arte s'appelle "les mercredis de l'histoire".

Le 23 janvier, il s'agira d'un documentaire de Emil Weiss. Ce réalisateur, né en Roumanie en 47, vit en France. On lui doit notamment "Léon Poliakov, historien du racisme et de l’antisémitisme" en 1996 (pour une filmographie plus complète, voir sur le site du MAHJ qui lui a consacré une rétrospective.)

Le sujet de ce nouveau documentaire sera... les Sonderkommando d'Auschwitz-Birkenau.

Avant même de l'avoir vu (je découvrirai comme vous le film mercredi), je le remercie pour ce travail.

samedi 15 décembre 2007

D'une documentaliste à l'autre...

Camp_de_Compi_gne.jpg
Est inclus dans le "boulot de doc" celui qu'on appelle "la veille informationnelle". Dans ce cadre, quelle n'a pas été ma surprise de retrouver Hélène, documentaliste que j'avais eu l'occasion de connaître et apprécier dans ma Picardie natale.
Aujourd'hui elle est en poste à Compiègne.
Pourquoi je vous raconte ça ? Regardez le projet qu'elle a contribué à mettre en place dans le lycée technologique et professionnel où elle travaille : le lycée Mireille Grenet.
Merci et bravo pour ce considérable travail à tous les élèves concernés et aux adultes qui les ont encadrés et soutenus.

Photo d'archives : Camp de Compiègne - Royallieu

dimanche 11 novembre 2007

Hommage

KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA"Pietní shromáždění v centru Prahy uvedlo troubení na šofary." Radio Praha


Ce samedi 10 novembre 2007 le MND, un mouvement néo-nazi constitué en janvier 1990 à Leipzig avait prévu une manifestation dans Josefov, le quartier Juif de Prague (MND est un acronyme signifiant «Mitteldeutschen Nationaldemokraten» et non pas l’habituel «Motor Neurone Disease», encore qu’il y ait lieu de se demander si le cerveau des membres de ce groupuscule est totalement en état de fonctionnement). Ils étaient quelques centaines qui entendaient ainsi célébrer le jour anniversaire de la «Nuit de Cristal»...
Face à cette provocation, une contre-manifestation s’est immédiatement mise en place et a défilé, avec étoiles jaunes ou drapeaux rouges, dans un pays qui n’est pas coutumier de la défense de ses points de vue dans la rue.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Je suis d’une génération qui a davantage connu «la Tchécoslovaquie» que la partition entre Tchèques et Slovaques. Quoi qu’il en soit, derrière ces mots je place des a priori que mon séjour à Prague n’a pas démentis : un peuple pour lequel la culture est une priorité et dont la douceur et le respect d’autrui sont perceptibles au quotidien.
OLYMPUS DIGITAL CAMERA         Il semblerait en outre que dans l’histoire, la cohabitation entre Juifs et non Juifs en Tchécoslovaquie fut plus sereine que dans les autres pays d’Europe de l’Est, tristement célèbres pour leurs pogroms. Je constate enfin que dans tous les témoignages de survivants d’Auschwitz et Birkenau que j’ai pu lire –et ça commence à faire un bon nombre- les Juifs Slovaques sont toujours dépeints avec ces mêmes critères.

Une fois encore ils se seront montrés calmes et dignes face au monde.

dimanche 4 novembre 2007

La belle et douce ville de Toulouse aussi...

Universit__Tlse.jpg J'apprends seulement maintenant (par mon fils aîné, étudiant à Toulouse) une information qui, à ma connaissance, est incroyablement passée inaperçue : l'agression d'une étudiante, fin septembre, à 21 h, dans une rue toulousaine du centre ville. Après des marques au cutter sur le ventre, ses deux agresseurs, crânes rasés-rangers, lui ont gravé une croix gammée sur l'épaule. Officiellement et en dehors de cet article dans le quotidien régional, on ne sait rien de plus, rien depuis, ni rien de cette jeune fille, sinon son appartenance à l'AGET, syndicat étudiant toulousain de gauche, ce qui est supposé être la "raison" de la mutilation pour les deux agresseurs.

dimanche 28 octobre 2007

Info ou intox ?

Chine.jpgOn sait que la Chine fait partie des pays où l'information n'est pas libre et où l'on peut être emprisonné pour ses investigations sur le net. On m'a fait passer cette adresse : www.greatfirewallofchina.org Vous êtes sensé y apprendre si votre site est consultable ou interdit depuis la Chine. J'ignore si c'est fiable. Et vous ?

dimanche 21 octobre 2007

Quelles élections ?

Mais que se passe-t-il dans ce pays ? Les médias nous rebattent les oreilles avec le rugby ou le divorce présidentiel et il fallait vraiment chercher ces derniers temps pour trouver de l'information sur les élections de ce dimanche en Pologne et en Suisse.
Certes, je peux concevoir et accepter que quantité de gens soient enthousiastes devant le rugby de haut niveau, c'est la moindre des choses même si ce n'est pas mon cas. J'ai bien plus de difficulté à reconnaître le droit à mes congénères de se repaître de la "pipolisation" de la vie politique (on a même inventé un mot francisé, c'est dire comment ça s'installe, hélas)..

Mais où est passée l'info politique ? D'accord, les élections polonaises n'auront de vainqueur qu'entre droite et droite, entre PO et PiS, mais il n'est pas anodin de savoir ce qu'il en sera des frères jumeaux conservateurs Kaczynski. Il y aurait dans tous les cas beaucoup à informer sur ce pays...
Parti_des_femmes_Polonaises.jpgEt puis je ne résiste pas à évoquer le "Parti des femmes" fondé par Manuela Gretkowska en février, même s'il est crédité de 3 % et que 5 sont nécessaires pour être représenté [pour en savoir plus, lien ici]. Il est tout de même réjouissant de constater qu'il reste, à l'intérieur de la Pologne, des forces politiques qui émettent des points de vue autres que catholique intégriste et/ou machiste !

Suisse_UDC.jpgQuant à la Suisse, il semble vraiment que ces élections présentent peu d'intérêt pour nos distilleurs d'information hexagonaux, à voir comment elles sont absentes des gros titres (voire même des plus petits...) en France.
Elle a pourtant été très agressive sur place. D'autres pays s'en sont inquiétés. Le site Swissinfo.ch par exemple indique que "Pour l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, ce fut "la campagne la plus sale de tous les temps en Suisse". De fait, aucune autre campagne électorale n'avait jusqu'à présent attiré non seulement l'attention, mais également la perplexité et les critiques de la part de la presse étrangère. Lundi dernier, le New York Times International Weekly – supplément publié par le quotidien américain et d'autres journaux importants dans le monde – a même présenté une caricature dans laquelle la croix suisse était transformée en croix gammée. Le ministère suisse des Affaires étrangères s'est dit préoccupé pour l'image de la Suisse dans le monde".
Après l'affiche ci-dessus, je vous conseille vivement de regarder ce clip [vidéo ici] qui présente l'UDC et le point de vue de son leader Christoph Blocher (par ailleurs Ministre de la Justice et de la Police...) pour vous faire une idée. Effrayant.

jeudi 18 octobre 2007

Vingt cinq pour cent

Logo_du_Stern.jpgLa "Forsa", institut de sondage allemand, a interrogé un panel représentatif de 3.000 Allemands pour le journal Stern [lien ici]. Un quart des personnes sondées, toutes catégories confondues (et 37 % des plus de 60 ans) juge que "le régime national socialiste avait ses bons côtés".

Une personne sur quatre que vous croisez dans la rue en Allemagne...

Le niveau scolaire des personnes interrogées est intéressant et significatif : 44 % des personnes n'ayant suivi que la Hauptschule ont répondu positivement à cette question, contre 12 % des bacheliers.

lundi 15 octobre 2007

Friedenspreis für Saul Friedländer

S.Friedl_nder.jpgAu Salon international du livre de Francfort est décerné chaque année depuis 1950 le 'Prix de la Paix'. Il revient cette année à Saul (Pavel) Friedländer. Historien de la Shoah, il est né en 1923 à Prague de parents Juifs qui sont venus se réfugier en France en 39. Ils ont néanmoins été déportés à Auschwitz dont ils ne sont pas revenus, mais ont pu cacher leur fils dans un établissement scolaire catholique à proximité de la Suisse où ils avaient espéré se réfugier. Après guerre il est parti en Israël et vit aujourd'hui près de Los Angeles.

Cette remise de prix a honoré celui qui "den zu Asche verbrannten Menschen Klage und Schrei gestattet, Gedächtnis und Namen geschenkt" (a permis la plainte et le cri à ceux qui ont été réduits en cendres et leur a offert mémoire et nom). [Lien vers la dépêche AFP]

Parmi ses ouvrages, je choisirai de citer la biographie de Kurt Gerstein (cf la pièce 'Le Vicaire' de Rolf Hochhuth, 1963) en attendant la parution en français du second volume de son œuvre phare 'Les Années de l'extermination 1939-1945' (premier volume : voir l'illustration).

dimanche 14 octobre 2007

"Ni oubli ni pardon" dit-il

"La Chouette" était une association secrète qui s'était donné pour mission de retrouver et exécuter les anciens nazis. Danny Baz, militaire israélien, en faisait partie. Ce mardi, va sortir son livre Ni oubli ni pardon. Au coeur de la traque du dernier nazi.

SS_Aribert_HEIM_2.jpgParmi la liste des dix criminels de guerre les plus recherchés établie par le Centre Simon Wiesenthal (lien) figurait le médecin SS Aribert Heim (ci-contre). Malgré ses exactions à Mauthausen, il est devenu un gynécologue "ordinaire" à Baden Baden... jusqu'à ce qu'il se sache traqué en 1962. Il a alors disparu. Dans son livre, D. Baz affirme que ce SS a été retrouvé et exécuté par "La Chouette" fin 1982.

Au-delà de la question de savoir si l'information est juste ou non (sur laquelle je laisse s'exprimer les personnes ayant les informations nécessaires, ce qui n'est pas mon cas) j'ai envie d'évoquer ce sujet pour deux raisons.
La première sera rapidement traitée : j'entends parfois dire "à quoi bon, de toute façon, ce sont tous de vieux messieurs et la mort les guette". Il est bien évident que cet argument est irrecevable. Il n'y a aucune comparaison entre le fait de "mourir dans son lit" après avoir passé le reste de ses jours tranquillement ou après avoir au moins vécu dans la crainte d'être retrouvé et jugé pour ses forfaits. Les victimes survivantes de ces SS auront, elles, passé le reste de leur vie à porter le poids du passé, c'est la moindre des choses que d'au moins rappeler ce passé à la mémoire volatile des anciens SS.
Le second élément sur lequel je voulais écrire quelques mots me tient encore plus à cœur. Autant je trouve hautement scandaleux que ces SS aient été accueillis de façon bienveillante par la société allemande d'après guerre, autant j'ai du mal à accepter qu'ils soient ainsi exécutés. Bien entendu je comprends ce qu'il peut y avoir de libératoire à savoir qu'un bourreau est mort, mais même dans ce cas tout à fait particulier je n'accepte pas l'idée de se faire justice soi-même sans passer par les instances officielles (on m'objectera sans doute qu'elles ne sont pas toujours à la hauteur, le fait est que les peines dans les procès d'après guerre ont parfois été si ridiculement faibles...) Mais par-dessus tout, la justice expéditive -et secrète dans ce cas- ne permet pas aux victimes d'obtenir un peu de la paix qui leur serait accordée lorsque la communauté humaine toute entière par le biais de ses représentants, montre qu'elle estime nécessaire de juger les actes de leur bourreau. Et puis enfin, ne pas juger ces coupables de crimes contre l'humanité c'est se priver des informations historiques qui auraient pu être obtenues lors des procès.
Alors s'il peut être satisfaisant pour l'esprit dans un premier temps de penser que sans doute un A. Heim est "enfin mort", il me semble qu'on regrette ensuite et surtout que cela ait lieu secrètement et que le monde perde ainsi une occasion de rappeler (ou d'apprendre !) certaines informations, une occasion de réfléchir à tous ces sujets.

dimanche 7 octobre 2007

Etre Juif ou pas

OLYMPUS DIGITAL CAMERA         Depuis un moment que j’ai envie d’écrire autour de ce thème… et puis voilà qu’il y a peu quelqu’un (qui est Juif) m’a écrit en substance "si vous n’êtes pas Juive, ça doit être la personne avec laquelle vous vivez ou quelqu’un de votre famille"… ce qui a déclenché la décision de prendre le temps d’un post pour partager mes interrogations avec vous.

Non je ne suis pas Juive, non mon compagnon non plus, non personne de ma famille pour autant que je le sache. Simplement des amis, ici et là, au hasard du fil de ma vie, sans que jamais on ait parlé de la Shoah pour autant. Simplement des gens desquels je me suis rapprochée parce qu’ils me semblaient être des individus de valeur, parce que nous partagions certaines qui nous semblaient être essentielles, sans même que je m’arrête sur le fait qu’ils pouvaient s’appeler Hannah Goldstein ou David Benayoun, ce qui ne me faisait ni chaud ni froid, pas plus que Céline Durand ou Jean Deweulersse, pas plus que Rachida Yalaoui ou Sadek Ben Merchi.

Alors si, à la lecture de ce "forcément il y a des Juifs à vos côtés sans quoi vous ne passeriez pas tant de temps à travailler sur ces sujets" j’ai d’abord éclaté de rire, dans un deuxième temps, je suis évidemment consternée : si même un Juif ne peut comprendre ce que connaître la vérité sur la Shoah a d’universel… Mais dans un troisième temps je suis interpellée : est-il "normal" de passer la plus grande partie de son temps libre à chercher et lire des ouvrages parus il y a soixante ans, à fouiller tous les documents possibles pour retrouver la moindre information sur les SK ? La remarque de départ indique seulement que ce n’est guère compréhensible.

L’autre aspect du sujet, c’est qu’en effet, cette douce naïveté qui me faisait fréquenter des gens en vertu de la simple valeur humaine que je leur accordais (ou pas), sans songer qu’il pouvait y avoir un certain poids derrière leurs noms, cette naïveté s’est envolée. Qui plus est ça ne peut être que définitif. Alors bien sûr, derrière tous les patronymes que j’entends désormais, dans quelque contexte que ce soit, lorsque je pense immédiatement "celui-ci est vraisemblablement Juif Ashkénaze", je sais qu’il y a la Shoah. Je veux dire que l’implication se fait instantanément autour de : "la volonté d’extermination nazie a frappé cette famille". Pourquoi pas. Ce n’est de toute façon que réalité. Les choses se compliquent lorsque je me compare à moi-même. A cette image de passé bienheureux où chacun n’avait de valeur et d’existence que par rapport à ce qu’il disait, faisait, était, devant mes yeux. Qui suis-je devenue ? Cette réaction spontanée "celui-ci est sans doute Juif" qui peut même éventuellement se fonder sur une apparence physique, elle ne me plait pas. Du tout.

mercredi 3 octobre 2007

Cherchons l'erreur, épisode 2...

Après réflexion et ayant déjà croisé sur le net des lieux de type tchat où écrire le mot "Juif" vous fait automatiquement bannir, en tant que susceptible de renvoyer à un propos supposé antisémite (on ne peut donc pas écrire "Je suis Juif"), je me suis dit que sans doute c'était le terme JUIF qui était considéré comme injurieux par le moteur de surveillance des commentaires sur le JDD.
Forte de cette supposition, je retourne donc à l'article du JDD concernant l'album de Höcker, j'entre le logging et le mot de passe que je me suis crées hier pour pouvoir poster mon commentaire : le JDD me souhaite la bienvenue en m'appelant par ce pseudo, tout va bien. Je fais alors un copié-collé de mon commentaire d'hier avec une faute de frappe volontaire : je n'écris pas que les SK étaient "Juifs" mais "Juids", et là, oh surprise :

JDD_injurieux___pisode_2.jpg

Le mystère s'épaissit...

mardi 2 octobre 2007

Cherchons l'erreur...

Je viens de me livrer à une activité passionnante...
lorsque, sur le net, je trouve des informations sur les camps qui ne sont pas tout à fait justes ou ambigues de n'être pas complètes, je me permets souvent de poster un commentaire. Si vous avez quelque habitude de mes textes, vous savez que je reste toujours modérée dans mes propos, quel que soit mon "climat intérieur".
Ce soir, je lisais un article concernant "l'album de Höcker" sur le site du Journal Du Dimanche (...). Constatant des erreurs et approximations dans ce texte, je m'inscris pour pouvoir le dire dans un commentaire... et je tape mes 400 premiers caractères (au JDD, un commentaire = 400 caractères). Je m'apprêtais à en mettre un second pour pouvoir terminer mais lorsque j'ai envoyé la 1ère partie, voilà ce que j'ai vu arriver sur mon écran :

JDD_injurieux.jpg




















Mon impérissable post ne figurera donc pas dans ce fil de discussion :-)
mais ce qui me laisse perplexe est la question suivante :
où sont donc mes termes injurieux ?

Pour information, l'ensemble du texte que je souhaitais envoyer est le suivant :

Des erreurs et des approximations dans cet article :
"les 4 clichés pris par des résistants Polonais"… ont été pris par des membres des Sonderkommandos qui, pour ces prises de vues et hormis Alter Fajnzylberg, étaient des Juifs Grecs (voir www.sonderkommando.info)
"Les chercheurs n’identifient d’abord que 3 officiers"... mais tout historien de la période reconnaît les visages de Pohl, Höß, Baer,

(suite, c'est à dire 2è post de 400 caractères) Kramer, Hößler ou Wirths.
"Les nazis dinaient entre eux ou avec leurs familles"... des familles dans cet album ?
"Ils riaient bcp lors de l'inauguration du nouvel hôpital SS"... à l'inverse, ils sont pénétrés de leur importance dans cette cérémonie très officielle
"Des images les montrent se goinfrant de fruits"... inutile et grave d'ajouter ce qui n’existe pas. A l’inverse elles sont très « chic », bien coiffées, …

dimanche 30 septembre 2007

Contradictoire...

Page___individus___du_site.jpg
Petit moral ce soir.

J'ai été contactée il y a peu par le petit fils d'un ancien membre de SK qui n'a jamais laissé de témoignage jusqu'à sa mort il y déjà quelques temps. Il semble qu'il ne parvenait pas à en parler. On peut comprendre. Témoigner du camp c'est "y retourner". Personne ne peut demander ça à personne. Personne ne peut juger personne quant au fait qu'il y parvienne ou pas.
Pourtant ça me rend triste. Ce membre du SK d'Auschwitz faisait partie de ceux dont on ne savait plus rien depuis 45. On pouvait penser que quelque chose ou quelqu'un le convaincrait de parler, aussi longtemps qu'on le croyait vivant.
On entend souvent, à propos de l'Afrique, la formule "un griot qui meurt, c'est comme une bibliothèque qui brûle". Mon feeling de ce soir est de cet ordre. Un ancien membre du SK qui meurt, c'est un silence définitif, une perte à tout jamais de tout ce qu'il savait, de tout ce qu'il a dû voir et vivre et que personne d'autre que lui ne pourra dire à sa place alors que les générations futures en auraient besoin.
Je pense aussi à l'insistance de Claude Lanzmann dans son film Shoah, face à Abraham Bomba. C'est si douloureux de voir l'épouvante dans laquelle est plongé cet homme que C. Lanzmann force finalement à parler... même si on comprend complètement, d'un point de vue documentaire, que le témoignage de cet homme est fondamental et unique au monde.

Je voulais partager avec vous cette contradiction et puis cette tristesse massive chaque fois que j'apprends la mort d'un ancien membre du SK. Pour m'y sentir moins seule sans doute.

lundi 24 septembre 2007

L'Album de photos de Höcker à Auschwitz.

Album_H_cker_-_photo_de_couv_agrandie.jpg
Après plus de 60 ans donc, voilà la découverte d'un album de photos prises par/pour Karl Höcker qui était SS Obersturmführer à Auschwitz, de mai 44 à janvier 45, officier d'ordonnance du commandant du camp Richard Baer.

Aucun prisonnier sur ces cent-dix-sept images, pas le moindre. Pas l'ombre d'une baraque ou d'un Block. Il s'agit des relations entre SS, hommes et femmes, entre gens civilisés donc, entre "Guten Kameraden"...
Album_H_cker_-_pour_certains_la_vie__tait_joyeuse___Auschwitz.jpg

Des SS que l'on voit se détendre, rire ou somnoler au soleil dans des chaises longues... pas du tout gênés par l'odeur de chair brûlée. Vous avez dit "extermination des Juifs" ? un peu d'élégance s'il vous plaît et de délicatesse dans vos propos...

Une page spécifique -informative et documentaire- est consacrée sur le site à la découverte de cet album (cliquer ici).

lundi 17 septembre 2007

Plaisir rime aussi avec musique !

OLYMPUS DIGITAL CAMERA
Non, ce post n'a rien à voir avec le site (encore que, en cherchant un peu...) mais après tout, un blog c'est plus de légèreté et dans tous les cas plus de proximité, alors j'ai envie de vous faire part de "ma nouvelle du jour". Elle ne sera pas dans les journaux, loin s'en faut, et personne ne s'en fera écho, rien d'étonnant à cela. Voilà : j'ai décidé de m'autoriser à me faire plaisir, égoïstement, de prendre quotidiennement un peu du temps que je n'ai pas vraiment : je vais apprendre à jouer du violon.
Merci Isabelle qui me prête l'instrument auquel je vais faire pousser des cris affreux hélas. Merci Christian qui sera mon professeur et qui, malgré son haut niveau, est enthousiaste à l'idée de partager son bonheur de musicien avec une adulte débutante dont on ne peut rien attendre en termes de performances musicales. Merci à tous ceux qui vivent chez moi parce qu'ils sont capables de seulement se réjouir de me voir si contente, faisant semblant de ne pas savoir combien je vais leur casser les oreilles.

dimanche 26 août 2007

Bilan d'été.

Un bilan déprimant du point de vue du site !
Je m'étais proposé de mettre à profit mes vacances de cet été pour organiser toutes mes notes, en fait les passer sur l'ordinateur (par stylo scanner ?) parce que jusqu'alors seule ma mémoire me permet de retrouver que telle info vient de tel document, ce n'est ni sérieux ni efficace. Je ne sais guère comment procéder pour un travail aussi énorme que nécessaire.
Je voulais terminer les pages du double procès de Belsen et Auschwitz puisque j'avais fini par obtenir les documents nécessaires. J'avais réservé une semaine à cette intention en juillet. Je n'ai pas pu venir à bout de ce travail parce qu'une triste information familiale m'a fait modifier mes plans et je suis "remontée" dans ma Picardie natale (mais que les arbres y sont beaux !)
J'avais prévu enfin de travailler d'arrache pied à des pages spécifiques sur David Olère. Je les ai juste commencées. Je me suis vue stoppée presque net dans mon élan enthousiaste par un gros souci relatif à l'un de ses dessins et impossible jusqu'à présent de confirmer ou infirmer mon hypothèse, par manque de temps comme toujours mais pas seulement.
Alors voilà, d'ici à Noël, mes projets pour le site seront ces trois mêmes thèmes puisqu'aucun n'a été mené au bout. (Je ne dis pas "pour l'automne" parce que septembre et octobre seront à coup sûr trop intensifs, surtout au lycée, pour que je puisse dégager beaucoup de temps). Ce n'est pas très réjouissant de ne pas se voir avancer, ne serait-ce qu'un peu. Mais il y a de jolies contreparties...

Une jeune femme pensive, un fusain de David Olère -voir le post du 25 juin dans ce même blog- veille continument sur moi près de l'ordinateur et me fait une absolue confiance, regard serein et sérieux sur mon travail quand je suis devant cet ordinateur où je passe tant de temps. Une confiance confirmée par le soutien sans faille et démesuré d'Alexandre -comment est-il possible que je suscite pareil soutien ?-
SONY DSCEt puis ces vacances furent extraordinaires, qui m'ont emmenée de Zürich à Munich, de Salzburg à Vienne, de Bratislava à Budapest, de Zagreb à Ljubljana, pour terminer par Venise...

SONY DSCCi-contre, la synagogue de Budapest, la plus vaste d'Europe.

samedi 4 août 2007

Merci Monsieur Hilberg.

Ce 04 août 2007, l'historien Raul Hilberg est mort.

Il n'est pas possible de ne pas faire un post, mais lequel ?
Un hommage appuyé à l'auteur de 'La Destruction des Juifs d'Europe' (récemment réédité en trois volumes chez Folio Gallimard) ? Mais beaucoup d'autres sauront avec plus de brio que moi, dire combien cet ouvrage est essentiel et fondamental dans l'étude du 'comment'. Il est en tout cas nécessaire de le dire.

Ce 04 août, nous étions à Vienne, là où Raul Hilberg est né en 1926, et visitions le 'Leopold Museum' qui propose la plus considérable série d'oeuvres d'Egon Schiele. Curieux rapprochement...

mercredi 1 août 2007

A 15 km de Munich, Dachau.

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Ce mercredi 1er août, nous sommes à Dachau. Le camp des camps, la marmite originelle. Le camp de concentration à la durée d'existence de douze ans. Douze ans ! Le camp matriciel du fonctionnement concentrationnaire.



C'est dès sa prise de pouvoir qu'Hitler a voulu ce lieu d'enfermement pour désengorger les prisons du Reich. C'est Himmler qui a tout fait semble-t-il pour transformer ce camp en zone de non-droit, malgré la belle résistance de certains juges Bavarois au courage inattendu. Et puis ils y ont mis Eicke. Le mauvais traitement et l'arbitraire sont véritablement devenus la règle pour tous, et la torture et la mort celle destinée aux Juifs et aux prisonniers Soviétiques. Il a alors été temps, les années passant, d'y former les futurs chefs de camps. R. Höß, futur commandant d'Auschwitz, fait partie de ceux qui furent 'formés à l'école d'Eicke'. (comme H. Aumeier, R. Bär, K. Fritzsch ou F. Hofmann).

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C'était important pour moi d'aller dans ce camp de l'origine. Je ressentais quelque chose d'une nécessité, tant dans le domaine de la cohérence de mon travail de recherche que dans celui de l'hommage à la souffrance concentrationnaire en général.


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L'ouvrage de référence, complet et documenté, par un historien qui y fut prisonnier :
Stanislav ZAMECNIK
'C'était ça, Dachau 1933-1945'
Le Cherche Midi, 2003
(traduit du Tchèque),
ISBN 2-74910-174-3.

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