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mercredi 24 septembre 2008

Allez, vous reprendrez bien un livre ?

D._Lodge.jpg

Parce que j'aime les livres bien entendu, mais aussi parce que j'ai envie de citer et vous faire partager cette critique de Delphine Peras que j'ai trouvée fort belle même si, bon, d'accord, c'est dans l'Express, mais celles que j'ai lues ailleurs sont moins belles, alors pourquoi bouder son plaisir ? ;-)

Il ne fait aucun doute que je vais essayer de trouver le temps de lire cette "Deaf sentence" (traduit, donc, par La Vie en sourdine) de David Lodge, même si je crains que cette délicatesse "so british" ne me paraisse se muer peu à peu en molle lenteur un peu exaspérante...

Ce livre de D. Lodge est par ailleurs proposé au Femina (que Nancy Huston a obtenu l'an dernier pour l'excellent Lignes de faille... mais je reconnais être scandaleusement subjective quant à Nancy Houston)

Et dire que je n'ai même pas parlé ici de l'exceptionnel Rapport de Brodeck de Philippe Claudel alors que je n'ai rien lu d'aussi remarquable à tous les niveaux depuis longtemps !

dimanche 21 septembre 2008

Des travaux à Birkenau.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA         Des travaux de préservation commencent autour des K II et K III pour maintenir le site en l'état. Il s'agit de faire face aux détériorations dues au passage du temps (conditions atmosphériques, pression exercée par la terre contre les ruines) et aux spécificités de ce sol à la tendance très marécageuse.


Photo archives personnelles - 2005


Il s'agira d'une technique déjà expérimentée pour préserver des monuments, qui consiste à construire à distance des micro-piliers maintenant le sol. Ces travaux seront terminés pour la fin de l'année. Ils seront menés par des spécialistes de cette technique et des archéologues, en présence d'un rabbin.
La découverte des restes d'un nouveau manuscrit rédigé par un Sonderkommando n'est pas à exclure...

samedi 30 août 2008

Le Vel'd'hiv' et le Vel' d'hiv'

Vel__d__Hiv.jpg Juste quelques mots (à mon retour de vacances) pour signaler la parution d'un roman de François Bott (né en 1935, fondateur du Magazine Littéraire en 1966) dont vous trouverez une critique de Natacha Milkoff en cliquant sur ce lien du site parutions.com.
Et si vous l'avez déjà lu, bien sûr n'hésitez pas à laisser votre commentaire !

samedi 23 août 2008

Politique de la mémoire

Olivier Abel qui fut prof de philosophie éthique à Istanbul durant quatre ans, est aujourd'hui à la Faculté libre de théologie Protestante de Paris, intervenant à l'EHESS et dans la revue Esprit.
Il propose son regard, centré dans ce texte sur le génocide Arménien, sur un sujet dont il est spécialiste : les liens entre politique, histoire et mémoire. Il me semble largement mériter le détour d'une lecture en ligne ici, sur le site de Mediapart
Occasion également de citer le dernier ouvrage de Paul Ricoeur, parfois controversé : La Mémoire, l'Histoire, l'oubli... même si, en ce qui me concerne, il m'attend encore sur l'étagère ! (Un article a été consacré à cet ouvrage par Alexandra Laignail Lavastine dans Le Monde du 22 août).

samedi 2 août 2008

"Der Zigeunerlager"

Ce 2 août, une cérémonie à la mémoire de la liquidation du camp dit "des Tziganes" de Birkenau (64è anniversaire) a lieu à l'emplacement où se trouvait cette partie du camp à Birkenau. C'est l'Association Polonaise des Roms qui l'organise avec l'Institut d'histoire des Roms. Aujourd'hui, au Musée d'Auschwitz, un ancien Block est réservé à l'information concernant l'extermination des Sinti et Roma.

Les prisonniers de cette portion du camp mise en place fin février 43 et appelée par les SS "camp des familles Tziganes" étaient des hommes, des femmes et des enfants. Leurs conditions de vie n'étaient pas identiques à celles des autres prisonniers du camp, notamment parce qu'ils restaient en famille, mais elles n'étaient pas plus enviables pour autant. Les témoignages racontent par exemple comment de nombreux enfants avaient le visage ravagé par la maladie du "noma" liée aux conditions de survie épouvantables. On sait aussi comment le "médecin" SS Mengele fréquentait beaucoup ce camp et menait des expériences pseudo-médicales sur ces enfants.
En 1944, les SS décidant de supprimer le "Zigeunerlager", certains prisonniers, encore aptes à travailler, furent déplacés par divers transports vers d'autres camps puis, la nuit du 2 au 3 août 44, les 3.000 hommes, femmes et enfants Sinti et Roma qui y étaient encore ont été exterminés dans les chambres à gaz.

Une page spécifique est prévue sur le site à ce sujet... elle me reste encore à écrire. Ici vous trouverez un article du site du Musée d'Auschwitz pour la commémoration de 2006 et ici l'article plus global de l'USHMM.

mardi 29 juillet 2008

Spectacles à voir et ne pas voir

Je n'ose pas imaginer la comédie (oui, oui) présentée au "off" d'Avignon qui avait pour titre "Je suis Adolf Eichmann" à propos duquel la journaliste Muriel Steinmetz écrit notamment (dans l'Huma du 25 juillet) : "On touche à la pointe du mauvais goût, pour ne pas dire de la plus malsaine ambiguïté (...) Quant à faire le point sur ce monstre né d’un système monstrueux, il ne faut sans doute pas compter sur les artisans de ce spectacle qui semble privilégier la vulgarité au détriment de la pensée."

Requiem_de_Terezin.jpg
Un autre spectacle en revanche semble d'une qualité rare. Les Editions du Sonneur ont eu l'excellente idée de rééditer le Requiem de Terezin de Josef Bor (Vous pourrez en lire un extrait en cliquant ici)
sur lequel se fonde cette prestation dont voici l'affiche : de Michel Pastore avec Fabrice Lucchini, récitant ; Sandrine Eyglier, soprano ; Marie-Ange Todorovitch, Veronika Hajnova, altos ; Jean-Luc Viala, Jesús García, ténors ; Jean-Philippe Lafont, Roman Vocel, barytons ; avec l'Orchestre Philharmonique de l’Opéra de Marseille et le Chœur Ad Fontes Canticorum, direction Cyril Diederich. Après une première à Terezin le 21 juin, ce spectacle a été donné à Marseille le 11 juillet (vous pouvez en lire un compte-rendu ici).

Je n'ai pas trouvé la réponse à la question : a t-on une chance de le voir ailleurs ? J'espère bien que oui, en ayant bien peur que non... en attendant, reste la possibilité de lire ce livre publié pour la première fois en 1963. Son auteur, Josef Bor, après Terezin, a été transféré à Auschwitz (Monowitz) puis, à l'évacuation du camp, à Buchenwald.
Comme l'écrit l'éditeur dans sa préface : "ce n'est pas un lvre de désespoir, mais un chant passionné pour la liberté et la justice, une réponse de la dignité humaine à la barbarie nazie".

mardi 15 juillet 2008

Le camp ? quel camp ?

OLYMPUS DIGITAL CAMERA         Aujourd'hui, je suis allée à Noé, village de Haute-Garonne, connu pour son étonnant maire "d'hier" (Jean-Baptiste Doumerg, dit "le Milliardaire Rouge") et... rien d'autre semble t-il.
Cette photo est celle de la gare, en voie de démolition. A circuler dans le village, rien n'indique l'existence du camp qui ouvrit en février 41. Heureusement les habitants vous renseignent avec autant de gentillesse que de précision.
Si je trouve tout à fait normal que cette commune, comme toute autre, souhaite gérer le présent et se tourner vers l'avenir, il n'empêche que je ne comprends pas que, pour autant, elle refuse la mémoire du passé. D'après ce qu'on m'en a dit, au Vernet par exemple, il semble que la commune garde trace et mémoire de son camp avec un wagon-souvenir dans sa gare et un musée au village...
Sans doute ferai-je une "page zoom" spécifique sur le sujet prochainement.

lundi 23 juin 2008

Quel genre d'expo ?

Après New York, Londres, Madrid et Barcelone, se tient à Lyon (28 mai - 03 août) une exposition très particulière appelée "our body" sous-titrée "à corps ouvert". Selon les points de vue, elle est qualifiée d'anatomique, d'artistique, d'éducative... ou de scandaleuse.
Il s'agit de corps (17 cadavres) ou organes (une centaine) humains. On la doit à Gunther Von Hagens qui n'en est pas à son coup d'essai (précédente expo "le monde des corps"). Né en Allemagne de l'Est en 1945, il est venu s'installer à Heidelberg depuis 1970. En 1974 il a mis au point le procédé dit de "plastination", fondement de l'expo en question : il s'agit de remplacer eaux et graisses du corps par du silicone ou de la résine ce qui les rend imputrescibles sans les détériorer.
Nous parlons donc d'une exposition de specimens humains écorchés. Les musées parisiens l'ont refusée. Le CCNE (Conseil Consultatif National d'Ethique) a voté à 37 voix contre sur 39 (technique sans critique, anonymat sans dignité humaine, marchandise de spectacle).
Outre les questions d'éthique puis les questions mercantiles, il y a également le problème juridique. "Toute atteinte à l'intégrité du cadavre par quelque moyen que ce soit est puni" dit l'article 225-17 du Code pénal. Néanmoins, la loi autorise le don de corps avec nécessité de consentement, mais elle exige par ailleurs "un objectif scientifique ou thérapeutique" (article 1232 de la santé publique).
A t-on le droit d'utiliser des cadavres ? et dans quels buts ? quelles sont les limites ? sont donc les questions qui se posent a priori. Mais une autre question est très lourde ici : d'où viennent ces corps dont on ne sait guère qu'une chose : ils sont asiatiques, vraisemblablement Chinois.
A lire ici une prise de position et des informations, là des hypothèses sur "la suite" et là encore le point de vue de Von Hagens...

samedi 21 juin 2008

Un site de dépôt de mémoires individuelles

Civis_memoria.jpgAvez-vous croisé "Civis Memoria" sur le net ?

Sous-titré "vous l'avez vécu, racontez-le", il se présente ainsi :"Civis memoria est une bibliothèque de souvenirs. Chaque souvenir est attaché à l’événement qu’il relate. Le titre des souvenirs est composé d’une partie imposée : « Le jour où… » et d’une partie déterminée par l’auteur. Un souvenir peut prendre la forme d’une contribution écrite, de photos, d’un enregistrement audio ou vidéo".

Chacun(e) peut ainsi y laisser sa contribution mémorielle, qui sera ensuite archivée par date et pourra être retrouvée soit par une recherche chronologique, soit par mots-clés.

Pour aller se rendre compte par soi-même, c'est par ici.

mardi 17 juin 2008

Henryk Mandelbaum

Henryk_Mandelbaum__archives_Russes_-_red.jpg Henryk Mandelbaum, survivant d'un SK du K V vient de mourir.
Składam kondolencje rodzinie tego niezwykłego człowieka który po wyzwoleniu zamieszkał w pobliżu Oświęcimia i nie zaprzestał być świadkiem.
J'adresse mes condoléances à la famille de cet homme remarquable qui, resté vivre à proximité d'Auschwitz, n'a eu de cesse de témoigner.
Je n'ai hélas pas eu la chance de le rencontrer. Je lui avais adressé un courrier qui sans doute ne lui est pas parvenu. J'essayais de me convaincre que je pouvais m'autoriser à passer le voir cet été car je vais essayer de retourner en Pologne...

Merci à Serguey pour cette photo émanant des archives Russes, merci à celle qui m'a prévenue de cette douloureuse nouvelle et merci à la si gentille Hanna.

mercredi 11 juin 2008

A Rome

le nouveau maire, Gianni Alemanno, candidat du parti de Silvio Berlusconi et ancien Ministre de celui-ci, a fait campagne pour le poste de maire avec le slogan "per Roma, il modello Sarkozy". Il a été élu le 28 avril 2008 avec 53,7 % des voix.

Et aujourd'hui ses partisans l'appellent "il duce" en levant le bras...
(cliquer sur ce lien)

dimanche 8 juin 2008

Des visiteurs hors du commun...

... se sont rendus à Yad Vashem ce lundi 2 juin. Ce groupe de jeunes suédois venait remettre les cent pages résultant d'un long travail de recherche concernant seize survivantes Juives, mortes peu après leur retour des camps et enterrées dans leur ville de Karlstad, à l'ouest de la Suède.

Ces adolescents sont parmi les cent concernés par le programme de Christer Mattson, éducateur Suédois. Son propos : placer des jeunes néo-nazis devant l'ineptie de leurs discours, devant leurs préjugés... et devant la réalité historique.

La réflexion et la connaissance vainqueurs de l'ignorance et de la violence aveugle.

dimanche 1 juin 2008

Les Résistants Tchèques de Prague au printemps 45.

Sam_Braun.jpgDans son livre Personne ne m’aurait cru, alors je me suis tu (éd. Albin Michel), Sam Braun (né en 27, déporté dans le convoi 64) raconte les derniers instants de sa "marche de la mort" (après l'évacuation d'Auschwitz III Monowitz) alternativement à pieds et en wagons sans toits :

"Un peu plus tard – peut-être est-ce le même jour, ou le lendemain, ma mémoire me joue des tours –, nous nous arrêtons dans une autre gare. Sur les quais passent des SS en uniforme. Dans toutes les langues, ils ordonnent aux malades de descendre des wagons. J’ai le typhus, je suis épuisé par la fièvre. J’ai perdu l’espérance et je décide de me rendre. Je veux mourir volontairement et non m’éteindre à petit feu comme mes compagnons qu’on balance sur le ballast pour faire de la place dans le wagon. Pendant les deux ans que j’ai passé dans le camp, j’étais persuadé que je m’en sortirais. Je m’évadais dans ma tête... Mais là, je n’en peux plus. Je demande à ceux qui m’entourent de m’aider à descendre. Nous sommes une centaine à nous condamner ainsi. Je vois le train repartir. Et, soudain, quand il est au loin, les SS, enfin ceux que nous prenions pour tels, enlèvent leurs uniformes. Sous ces costumes sinistres, ils sont habillés en civil ! Incroyable ! Nous sommes à Prague et ce sont des résistants tchèques !"

Un lien vers une interview de Sam Braun, malgré la pénible impression de "bâclé" que génère la formule de l'émission, indiquée par son intitulé "En trois mots".

vendredi 2 mai 2008

Accès aux Archives

La loi actuellement en vigueur dans le domaine de l'accès aux Archives, en France, était celle du 03 janvier 1979. Elle devait être revue avec l'intention de diminuer les délais d'autorisation de communication des documents. En fait, un double mouvement a été constaté : la diminution en effet de certains délais, mais l'augmentation d'autres et la création d'un nouveau statut : celui "d'archives incommunicables".
Avec ce nouveau projet de loi, se voyaient refermées par le Sénat les archives concernant notamment la seconde guerre mondiale et la guerre d'Algérie ! Ce 29 avril, les députés ont annulé cette décision.
La nouvelle loi autorise par ailleurs la mise en ligne des Archives publiques dès expiration des délais de communication.
Un point de la situation est consultable ici sur le site Bibliofrance

jeudi 1 mai 2008

Yom Hashoah

Yad_Vashem.jpgLe jour du souvenir de la Shoah est, comme chaque année, marqué en France par la "lecture des noms" au Mémorial à Paris (et bien entendu par diverses cérémonies en province).
A Auschwitz, c'est la Marche des Vivants (qui a réuni 8.000 jeunes cette année).
En Israël, au Mémorial de Yad Vashem, les représentants de l'Etat allument symboliquement six torches en souvenir des six millions de Juifs assassinés. Une sirène appelle également à deux minutes de silence (1er mai à 10 h). Tout s'interrompt alors et chacun cesse son activité là où il se trouve.
Cette année, Yad Vashem informe à cette occasion qu'une base de 130.000 images d'archives est rendue disponible.

dimanche 27 avril 2008

Cinéma

Et_puis_les_touristes.jpg Le 14 mai est prévue la sortie d'un film germano-britannico-polonais dont le titre est "Et puis les touristes".
Il est dû à Robert Thalheim, né à Berlin en 1974. Il raconte la venue d'un jeune Allemand (joué par Alexander Fehling) qui vient à Oswiecim pour y effectuer son service civil. Il doit s'occuper d'un survivant (joué par Ryszard Ronczewski) et va très vite se rapprocher d'une jeune Polonaise, guide au Musée (jouée par Barbara Wysocka).
Le réalisateur a lui-même effectué son service civil à Auschwitz durant 18 mois. Il se défend de toute perspective autobiographique dans son film, mais explique que cette expérience l'a évidemment marqué au point de vouloir aujourd'hui faire partager les réflexions et interrogations qu'elle a soulevées. Il souhaite aujourd'hui, à travers ce film, évoquer notamment, comme l'indique le titre, le difficile statut du camp d'Auschwitz : le dilemme entre la nécessaire préservation du lieu de mémoire, les "touristes en visite" et l'interrogation sur la possibilité d'un quotidien "ordinaire" pour les habitants de cette petite ville aujourd'hui.

samedi 19 avril 2008

Le ghetto de Varsovie.

Ghetto_de_Varsovie.jpg
Dans le cadre de la commémoration du 65ème anniversaire de l'insurrection du ghetto de Varsovie, des cérémonies ont eu lieu ce mardi 15 et ce samedi 19 avril.

Varsovie est la capitale de la Pologne depuis 1919. Avant la guerre, les Juifs représentaient 25% de sa population. Dès le 12 octobre 1940, un décret allemand instaure la création d'un ghetto pour cette ville. Plus de 400 ghettos seront ainsi constitués en Europe de l'Est, qui deviendront des lieux de déportation vers les camps d'extermination, mais celui de Varsovie fut parmi les premiers et était le plus grand : il couvrait au départ 307 Ha de la ville (moins de 4 km² soit 2.4 % de sa superficie pour 25 % de ses habitants...). Jusqu'à 400.000 Juifs y ont été parqués (de Varsovie mais aussi des villes avoisinantes) dans des conditions épouvantables ou la mortalité est très vite devenue considérable. La ration alimentaire officiellement fixée par les Allemands était de 181 calories par jour par personne ! A partir de 1942, plusieurs milliers de personnes étaient déportées chaque jour. Entre juillet et septembre 1942, il y eut 300.000 déportations. De ce fait, la taille du ghetto fut diminuée en 43. Les quelques milliers de Juifs qui y vivaient encore décidèrent alors de résister et se cacher autant que cela était possible dans le ghetto. Les nazis commencèrent à incendier les maisons du ghetto une à une.
Des groupes de jeunes de 13 à 25 ans s'organisèrent en révolte armée (les armes provenaient de la résistance polonaise extérieure). Ils étaient à peine plus de 200. L'un de leurs commandants s'appelait Marek Edelman, il avait 24 ans et organisait l'insurrection d'une cinquantaine de jeunes. Pendant plus de trois semaines, du 19 avril au 08 mai 43, ces groupes ont tenu tête aux soldats SS. Ces courageux résistants savaient que leur combat était sans espoir, mais il fut un symbole essentiel pour les prisonniers Juifs des camps où l'information finit par parvenir, comme il le reste définitivement pour tous désormais.
Parmi la quarantaine de survivants, Marek Edelman, devenu cardiologue, est aujourd'hui le seul de la révolte qui soit resté vivre en Pologne et le seul commandant de groupe de révolte encore en vie. Il s'est déplacé cette année en fauteuil roulant, pour autant, comme chaque 19 avril, il est venu honorer la mémoire des combattants du ghetto, prônant en toute occasion les valeurs de fraternité et de solidarité humaines.
Cette année, les cérémonies de commémoration mardi 15 avril ont pris une ampleur particulière du fait de la présence du Président d'Israël Shimon Peres auprès de son homologue de Pologne Lech Kaczynski. Bernard Kouchner était également présent pour remettre la Légion d'Honneur à Marek Edelman.

Un lien vers la page du site de l'USHMM qui propose des films tournés par les nazis dans le ghetto de Varsovie.

La visite de S. Peres en Pologne aura duré quatre jours. Avant de se rendre à Varsovie, il était tout d'abord allé au camp d'extermination de Treblinka. La suite de son voyage a d'avantage été axée sur le renforcement des relations entre les deux pays. Comme le Premier ministre Polonais Donald Tusk l'avait dit lors de sa visite en Israël début avril "la Pologne veut bâtir un avenir commun avec Israël", ce que le chef d'état Polonais Lech Kaczynski a confirmé : "nous voulons tout faire pour que nos relations avec l'Etat d'Israël soient les meilleures possibles".

mardi 15 avril 2008

Le camp Joffre / camp de Rivesaltes

Rivesaltes.jpg Photo d'archives : 'USHMM'. L'OSE intervient auprès des enfants.

Ce camp, d'une superficie de plusieurs centaines d'hectares, se situe près de Perpignan dans le département des Pyrénées Orientales. Il occupe une place tout à fait particulière dans l'histoire du XXè siècle.

Il a été utilisé de 1938 à 1970 pour interner les "étrangers indésirables". En 38 c'est l'armée qui en assure la construction. Il était divisé en "ilôts" auxquels étaient attribuées des lettres de l'alphabet. En janvier 41 il fut officiellement inauguré par le Gouvernement de Vichy. Sa capacité d'accueil était de 18.000 personnes. Plus de 80.000 personnes y ont séjourné, beaucoup y sont mortes de froid et de faim. Ce furent tout d'abord des réfugiés Républicains Espagnols puis des Juifs "en transit" vers les camps (ilôts K et F) et des Tziganes. En 1948, le camp retrouvera sa destination militaire. A partir de 1962 ce seront des Harkis rapatriés qui y seront "installés", dont les derniers n'ont pu quitter le camp que dans les années 70.

          L'état actuel des baraques est plus que critique. Après avoir failli disparaître tout à fait, et grâce à de nombreuses volontés, tant individuelles que collectives, dont la détermination n'a pas faibli durant de longues années, les ruines du camp vont être sauvegardées. Une première étape avait été franchie avec la mise en place de stèles mémorielles rappelant les différentes étapes de l'histoire du camp, notamment sous l'impulsion de Serge Klarsfeld pour ce qui concerne ce lieu en tant que camp de transit de populations Juives.

Rivesaltes_3.jpg La réhabilitation de ce lieu de mémoires inclut la construction d'un bâtiment qui en sera le mémorial. Elle est désormais en cours. Ce musée-mémorial se situera sur l'esplanade de l'ilôt F (42 Ha). Ce sera un bâtiment de 230 m sur 30, semi enfoui, qui sera entouré de baraques. Il contiendra notamment deux salles d'exposition, respectivement de 1.000 et 400 m² (une salle d'expo permanente, une salle d'expos temporaires). Denis Peschanski en assurera le contenu muséographique. L'ouverture en est prévue pour 2010.

'Les deux images de ce post émanent des pages consacrées au camp sur le site "Histoire du Roussillon". Je remercie O. Noguès pour son aimable autorisation d'utiliser ces photographies.
Autre source d'information sur le sujet sur le site du Conseil Général des PO.'

lundi 14 avril 2008

Der Zug der Erinnerung

Zug.jpg
Depuis novembre 2007, en Allemagne, circule de gare en gare un train à vapeur de deux wagons contenant une exposition itinérante sur la déportation. Il est appelé "le train du souvenir". Il est arrivé à Berlin le 13 avril.
Un conflit oppose le Conseil des Juifs d'Allemagne à la Deutsche Bahn (équivalent approximatif de la SNCF française) parce que cette dernière refuse que ce train circule de façon gratuite (mais propose de reverser un montant sous forme de don) mais aussi -et peut-être surtout- parce que ce train n'est pas autorisé à stationner en gare principale de Berlin.
Quoi qu'il en soit, cette exposition attire des dizaines de milliers de visiteurs. Elle évoque en particulier le sort des enfants et des jeunes. Elle propose de nombreux documents d'époque, mais fait également un travail de recherche sur son parcours en invitant les populations à faire part des documents qu'ils sont susceptibles de détenir. Elle sera à Berlin jusqu'au 22 avril puis poursuivra son parcours dans différentes villes d'Allemagne avant de passer en Pologne pour finir son parcours le 08 mai à Auschwitz.

Lien vers le site (en allemand).

dimanche 13 avril 2008

Quand même !

Ce soir, la Véronique toujours-de-bonne-humeur et toujours-cordiale (et-bien-polie) semble m'avoir un peu quittée.
Comme à chaque période de vacances scolaires, disposant de plus de temps, je mets à jour les mails du site (comprendre : je prends le temps de répondre à chacun, du mieux qu'il m'est possible et personnellement. Souvent en prenant du temps pour aller vérifier ou compléter des informations). Je mets un point d'honneur à le faire : il me semble que c'est la moindre des politesses que de répondre aux courriers qui vous sont adressés... même si nombreux sont les interlocuteurs qui m'interpellent de façon abrupte sans même un bonjour ou un aurevoir, particulièrement sous la forme "Dites-moi ce que vous savez de mon grand-père qui s'appelait xxx xxxx" (type de mail très fréquent). Bien entendu je leur réponds et leur donne toutes les informations qui sont en ma possession, même si hélas je n'ai souvent presque rien, évidemment. Bien entendu je leur demande en retour ce qu'ils peuvent me dire de ce grand-père (le plus souvent ces trois questions : quand il est arrivé en France, quel métier il faisait, et si des survivants sont venus donner des informations le concernant à la famille après-guerre). Bien entendu ... là, il est rare qu'on prenne le temps de me répondre. Il semble normal que j'aie répondu (et avec un bonjour et un cordial aurevoir, s'il vous plait) mais plus tellement naturel de répondre à mes questions. Dès lors que j'ai moi aussi des demandes, le clavier de mes interlocuteurs semble subitement tomber en panne.
Il est bien évident que le groupe de personnes avec lequel nous échangeons des discussions intéressantes et chaleureuses par mail n'entre pas dans ce cas de figure, et je les remercie à l'inverse de leur présence.
J'adresse aussi une mention spéciale à l'incroyable solidarité d'Alexandre qui est toujours disponible et toujours partant pour tirer toutes les sonnettes (et même faire physiquement des démarches) afin de trouver les informations diverses que je lui demande.
Mais ce soir j'ai des états d'âme. Tant de mes mails auxquels j'attends réponse... Ce qui me peine le plus, ce ne sont pas finalement les interlocuteurs du type "mon grand-père" que j'évoquais ci-dessus, même si... mais les personnes concernées au premier chef par les questions qui m'agitent, parce que là, je ne comprends pas du tout l'absence d'une forme de solidarité.
Faut-il penser que la raison en est liée au fait que mon diplôme universitaire n'est pas en histoire ?
Quand même !...

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