Livre d'or du site Sonderkommando.info

 

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Messages : 81 à 90
Page : 9
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le 24/04/2007 à 05:52

A Christian, de Herblay :
Vous vous scandalisez un peu vite. Ce n'est pas parce que vous n'êtes pas d'accord avec moi sur la question de la possibilité de fouilles que notre désaccord est polémique et ridicule. Quant à la figure de rhétorique consistant à prêter des pensées ou des propos à des morts, elle convainc peu : un mort ne risque pas de vous contredire, lui !
Il n'est pas besoin de se plonger dans le roman à sensations de Little pour explorer la psychologie du tueur. Peut-être le livre de Christopher BROWNING, intitulé "Des hommes ordinaires", retiendra-t-il également votre attention. Cet historien a en effet cherché à cerner la psychologie des membres d'un Sonderkommando, et évoque notamment la définition très extensive du juif que les Einsatzgruppen appliquaient pour choisir leurs victimes. Quant au décompte des calories, vous pourrez vous reporter à la somme de Raoul Hilberg sur la "destruction des Juifs d'Europe", qui évoque ce problème à propos de la gestion des ghettos et des camps. Bien que se positionnant dans le registre de la fiction, Little n'a rien inventé. Mais la différence à mes yeux capitale entre LITTLE et BROWNING ou HILBERG, ou même Primo LEVI ou Filip MULLER, c'est le degré de réalité du discours tenu et l'intention. Bref, je vous laisse le pathos, et préfère m'en tenir au logos sur la question qui nous sépare.
L'essentiel est notre accord sur le caractère sacré et inviolable des lieux et événements décrits dans le site de Véroni
 
le 21/04/2007 à 15:57

Como español, me avergüenzo del comportamiento de los diferentes gobiernos que han habido en mi país desde la caída del franquismo, por haber ignorado la epopeya de los 7.000 españoles asesinados en los KZ alemanes con la complicidad de las autoridades franquistas. Mientras que los gobiernos francés y alemán, han hecho frente a su compromiso histórico con la Justicia, la Verdad y la Reparación, haciendo su memoria objeto de homenajes y reconociéndoles una indemnización a ss descendientes, el gobierno actual de España (socialista) ofende su memoria Histórica disponiéndose a aprobar una ley de impunidad para los asesinos: la ley de la Memoria Histórica, que es una ley de Punto Final a la española y que consagra el "modelo español de impunidad".

Mi reconocimiento a los demócratas franceses y alemanes que hicieron posible ese reconocimiento.

Floren Dimas

www.galeon.com/murcia1939

Réponse du Webmestre : Traduction du texte de Floren Dimas :
"En tant qu'Espagnol, j'ai honte du comportement des différents gouvernements qui se sont succédés dans mon pays depuis la chute du franquisme, parce qu'ils ont ignoré l'épopée des 7 000 espagnols assassinés dans les KZ allemands avec la complicité des autorités franquistes. Alors que les gouvernements français et allemand ont fait face à leur compromis historique avec la Justice, la Vérité et la Réparation, en faisant de leur mémoire un objet d'hommages et en reconnaissant le droit à indemnité pour leurs descendants ; le gouvernement actuel d'Espagne (socialiste) offense le devoir de mémoire en se préparant à approuver une loi d'impunité pour les assassins : la loi de Mémoire Historique qui est une loi de Point Final à l'espagnole et qui consacre le "modèle espagnol d'impunité".

Je rends hommage aux Français et aux Allemands qui ont rendu possible cette reconnaissance."

Information minimaliste :
- 12.000 Républicains Espagnols ont été déportés entre 40 et 45, essentiellement depuis les camps de France qui étaient sensés les accueillir après la victoire du franquisme. 7.200 ont été officiellement enregistrés à Mauthausen. Les femmes allaient à Ravensbrück.
- La loi de Mémoire historique a été entérinée en juillet 2006. Elle a été présentée par le gouvernement Zapatero comme étant destinée à reconnaître les victimes du franquisme. Elle a donné lieu à beaucoup de controverses.
 
le 12/03/2007 à 14:56

Bonjour
Je tiens à réagir au message de Frédéric et surtout au point n°4. Je comprend tout a fait que l'on puisse considérer la terre des camps comme une terre sacrée et inviolable. Mais je considère aussi qu'effectuer des fouilles,avec d'infinies précautions bien sur, ne serait pas un viol mais bien au contraire rendre un hommage a ces hommes qui ont pû, au risque de leur vie et certainement de tortures affreuses, écrire et dessiner leur vécu pour les générations futures. Qu'auraient t'ils pensé ces hommes si au moment de prendre des risques insensés ils avaient pû imaginer ces polémiques ridicules . N'est t'on pas en refusant de faire ces recherches en train de nier ces souffrances, de nier tout simplement ces hommes ?
Personnellement je suis scandalisé de cet état de fait. Je sais que les pétitions sont à la mode mais pourquoi pas une pétition internationale sur le net pour remuer les consciences ?.
Quand au reste du texte il ne faut pas oublier que pour la première fois de " l'humanité " un groupe d'homme, une nation a mis en place des moyens, une administration etc... pour exterminer une autre nation du simple fait de son appartenance religieuse. En cela la SHOAH est pour moi unique et ne peut être comparée à quoi que ce soit.
Pour terminer je conseille la lecture des "bienveillantes" de Jonathan Little, vivre l'extermination avec les yeux de l'exécutant et du décideur c'est très dérangeant ( j'ai mis plusieurs jours à m'en sortir ) mais c'est je pense un éclairage indispensable sur l'administration mise en place par les nazis, voir les longues discussions pour savoir quelle nombre de calories attribuer à chaque déporté, savoir si l'on doit considérer certaines populations du Caucase comme juives ou pas...

Réponse du Webmestre :
 
le 08/03/2007 à 06:15

Merci à vous à et à votre compagnon d'avoir eu la patience de construire ce site pour livrer le résultat de vos recherches, et donner sur le web une sépulture en français à tous ces êtres humains disparus dans l'enfer concentrationnaire. J'aimerais vous inciter à approfondir ces "raisons les plus profondes" dont vous pensez qu'elles vous "sont sans doute inaccessibles".
1. L'université du Lager, comme l'appelait Primo Levi, est-elle vraiment le seul lieu où l'on puisse être confronté à "ces vécus extrêmes et résolument nouveaux" permettant d'approcher "des réponses d'ordre psychologique et sociologique sur la nature humaine" ? Ne pensez-vous pas que l'hôpital, la prison ou certains évènements historiques (grande peste de 1347, par exemple), par exemple, offrent des perspectives similaires sur l'être humain ?
2. Votre compassion n'est pas infantile, elle est plutôt un forme d'amour filial et d'intelligence en action. Ce site en est la preuve.
3. Le refus général et forcené d'entendre le témoignage des hommes des SK n'est-il pas une manière pour les interlocuteurs de ces témoins, c-à-d nous tous, de se protéger de ce que ces hommes ont à dire ? En psychiatrie, on parlerait ici, selon le degré de rejet, de refoulement ou de déni de réalité.
4. J'ai une explication assez simple à vous proposer au fait qu'aucune fouille archéologique n'a été entreprise à proximité des crématoires pour retrouver d'autres manuscrits sous la cendre : ce serait violer une sépulture.

Continuez !

Réponse du Webmestre : Je vous remercie de votre message chaleureux.
Quelques réponses rapides, mais cela pourrait donner lieu à un débat aussi interminable qu'intéressant !
1. En effet, les lieux d'enfermement... à vrai dire j'ai une formation en psychologie au départ, qui m'a donc amenée à aller "observer" en hôpital psychiâtrique, et puis j'ai choisi les prisons comme sujet de mon mémoire (vécu psychopathologique des détentions longues). Effectivement, l'intérêt pour ces thèmes est transversal dans ma vie. Cela dit, il ne faut jamais oublier la différence absolue : en HP comme en prison, les personnes ont des raisons d'être là (même si, parfois... et même si les conditions par ailleurs...) tandis que les Juifs dans les camps...
3. De mon point de vue, il y a très certainement dans le refus d'écoute de la parole des anciens membres des SK (pour faire vite) un refus d'entendre ce qui se dit là de chacun de nous (de la "nature humaine")...
4. Je récuse totalement l'idée qu'on puisse refuser les fouilles parce que ce serait "violer". Violer la terre et les cendres ? mais, pour reprendre votre terme (bien qu'il ne me plaise pas tant) qu'en est-il du viol des mémoires que sont ces documents qu'on n'a pas cherchés ? du viol de l'Histoire ? De mon point de vue c'est presque l'inverse : ne pas vouloir chercher c'est refuser un savoir, mais aussi ne pas complètement respecter la mémoire de toutes ces familles qui ont été exterminées là dans l'horreur, auxquels seul le savoir des hommes des SK peuvent rendre la justice de la vérité. Leur sépulture n'est-elle pas aussi (voire surtout ?) dans la parole de ces hommes ?
Et si ces lieux sont "sacrés" et "intouchables", que penser de l'état actuel de l'endroit où se trouvait le Bunker 1 (1er lieu de l'extermination à Birkenau), aujourd'hui disparu sous les ronces et les mauvaises herbes, sans même de chemin entretenu pour y conduire ?
 
le 27/02/2007 à 16:02

Obscénité de l’image et abjection.
La restitution d’un « non-lieu »
QUATRE IMAGES, MALGRE TOUT


Que tous les cieux soient de l’encre.
Zalman GRADOWSKI (1944).

[Extraits du propos soutenu lors d'un colloque sur la censure à Bruxelles le 24.10.2004]

[...] Qui se propose de penser l’actualité politique de l’extermination à partir d’une aporie historique et d’une retenue se voue à l’impuissance : il recouvre malgré lui le témoignage insistant d’« un petit groupe de gens obscurs », celui des membres du Sonderkommando, en entendant, par exemple, « obscurs » dans son sens littéral d’« invisibles » . Les membres du Sonderkommando n’ont, malgré les efforts des SS [ou de ceux qui sont venus après] pour les rendre au delà des autres déportés « invisibles » au monde, rien d’« invisibles », leur visibilité circonscrite aux ensembles « chambres à gaz-four crématoire » délimitant de manière écrasante le « non-lieu du “sens commun” », mais nous voudrions qu’ils restent invisibles, impossibles à percevoir. Si nous insistons cependant pour nous les rendre « invisibles » et donc en faire, à l’image des SS qui partageaient leur vie et dont ils partageaient parfois les jeux, de « purs » agents de la destruction, c’est que nous ne voulons toujours pas savoir que notre préférence va à un désir qui nous pousse à priver l’autre de son dire et que ce désir « pur » est ce que nous avons trouvé de mieux pour nous détourner de l’horreur où nous nous savons par ailleurs. On s’est étonné que les SS n’aient pas pu témoigner de leur propre expérience des camps sans voir qu’un système au régime épistémique fermé, la dialectique du maître et de l’esclave pour le nommer, qui fait de l’autre un strict exécutant, le prive du « droit » à parler depuis son hétéronomie en son nom propre, sous son propre nom . Zalmen Lewental, un membre du Sonderkommando d’Auschwitz qui confia son témoignage à quelques feuillets enterrés à proximité du crématoire III et exhumés dix-sept ans après la libération du camp ne s’est pas trompé sur le sort qu’on ferait à leur témoignage :
Comment exactement, écrit-il en yiddish, les choses se sont passées, aucun être humain ne peut l’imaginer, et c’est en fait inimaginable qu’on puisse raconter exactement comment nous avons vécu cette épreuve. […] Nous – un petit groupe de gens obscurs qui ne donnera pas de fil à retordre aux historiens .
Zalmen Lewental ne s’est pas trompé. S’adressant au monde du plus lointain, les « historiens », il touche son prochain : « comment exactement les choses se sont passées », personne ne peut [vouloir] l’imaginer, ni l’inventer. Le déchaînement de haine que Georges Didi-Huberman a récemment essuyé de la part de nombre de bons entendeurs pour avoir osé relever sous la forme de quatre lambeaux de pellicule les « bouts de réel » qu’un geste collectif, fou, hors-sens, d’une des équipes du Sonderkommando y a prélevé en est le juste « après coup ». Georges Didi-huberman sait donc aussi, dans le risque qu’il a pris, au scandale qu’il a provoqué, justement, de n’y avoir mis aucune intention de provocation, sinon peut-être celle de « provoquer » l’art officiant , ce qu’il en coûte d’aller seul contre le mur de Shoah, qui est un détournement ou un « euphémisme ».
Si l’ignominie est l’autre nom de l’horreur, Zalmen Lewental ne s’est pas davantage trompé sur le sens « tragique » et « terrifiant » de son expérience. Aussi est-il surprenant que Giorgio Agamben concède comme à regret que Zalmen Lewental non seulement sache qu’il témoigne d’« une réalité telle qu’elle excède nécessairement ses éléments factuels », mais aussi dépose « des faits tellement réels que plus rien, en comparaison, n’est vrai » . Pourquoi refuser une fois de plus à Zalmen Lewental qu’il sache ce qu’il dit ? Sinon, pour « dé(cons)truire » son dire ?
[...] A Auschwitz, il y eut d’autres hommes que les « musulmans », qui étaient déjà morts, qui le savaient et qui, néanmoins, décidèrent de témoigner de l’inimaginable. Déjà morts, les hommes des Sonderkommandos étaient des déchets humains d’une autre trempe. Choisis par les nazis pour qu’ils exécutent leur sale besogne et soient de la sorte abandonnés de tous, ces hommes surent tout de suite qu’on ne les croirait pas, qu’on les exécrerait et les tiendrait en horreur au motif fallacieux qu’ils auraient accepté leur misérable condition. Sans doute acceptèrent-ils les conditions odieuses auxquelles les nazis les soumirent. Qu’acceptèrent-ils, cependant, maintenant que nous savons qu’ils choisirent de vivre « malgré tout » et de témoigner de « l’intérieur de notre mort » ? [...]

Réponse du Webmestre : Le nombre de caractères étant limité dans le livre d'or, le texte ne peut être reproduit dans son intégralité. Je me suis permis d'en extraire des parties. L'ensemble peut être lu ici :
 
le 20/02/2007 à 17:46

Suis tombé par hasard sur votre site. Bravo pour votre travail.
Mon père ayant été déporté a Gross Rosen, je suis donc trés interessé par le probleme de la déportation.
Je profite de ce livre d'or pour vous demander si vous avez des infos concernant le proces des bourreaux de Treblinka à Dusseldorf. Je ne trouve aucune photo de ce procès, et pourtant je suis certain que ces images doivent exister.
Je met votre site dans mes favoris afin de venir le consulter regulierement. Avec toutes mes amitiés.

Réponse du Webmestre : Tout d'abord, je vous remercie pour votre message et vos encouragements.
Vous avez raison, les informations sur le(s) procès de Treblinka sur le net français sont rares. Votre demande m'encourage à envisager une page spécifique pour mettre à la disposition de tous les quelques informations que je possède sur le sujet. Un lien devrait apparaître bientôt, cliquable dans la page "procès"...
24.02.2007 : voilà, j'ai rédigé la page ! Pour y accéder directement vous pouvez cliquer ici :
   
le 10/02/2007 à 20:24

Juste pour te dire que je suis passé
J'ai pas pu ouvrir la page des Theresien......
et je sais pas quesquecé !
J'aime bcp comment t'ecris
et j't'embrasse très fort.

Réponse du Webmestre : J'ai finalement choisi de laisser à la lecture de tous ce gentil message de... mon frère ;-)
En ce qui concerne les pages qu'on ne peut pas ouvrir, comme celle concernant les Theresienstädter, cela signifie qu'elles ne sont pas encore en ligne. Pour savoir ce qui l'est ou pas, vous pouvez regarder le plan : tout ce qui est cliquable y est souligné.
Et enfin, promis, je donnerai les infos à mon frère en attendant la mise en ligne de cette page !
Véronique.
     
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